Kino
Digital : Cinéma nordique |
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Ici,
on vous invite à survoler en quelques pages
les notules "critiques" présentes
sur certains tests dvd de la rubrique "Cinéma
nordique" de Kino Digital. Les films —
inédits en France — sont classés
par années de sortie. Dans une même année,
le classement est fait par ordre alphabétique
de titres originaux. Vous trouverez essentiellement
des films suédois, mais aussi quelques titres
norvégiens, danois, islandais et finlandais.
Bien sûr, les avis exprimés ici n'engagent
que le ouebmestre du site. |
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Fröken
Julie / Mademoiselle Julie (Alf Sjöberg, 1951) |
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Julie
— une fille de comte élevée dans
la haine des hommes par sa mère — ne sait
plus très bien où elle en est depuis que
ses fiançailles ont été rompues.
Par un soir de la Saint-Jean, alors que tout le monde
fait la fête, elle se laisse suborner par Jean,
un domestique. Lorsqu'elle retrouve la raison, elle
mesure soudain les conséquences de la faute qu'elle
a commise et cherche le moyen d'échapper à
la colère paternelle...
Ce film est une adaptation de la pièce écrite
en 1888 par August Strindberg, il a obtenu le grand
prix du festival de Cannes en 1951. De fait, c'est assez
réussi : Alf Sjöberg est resté fidèle
au texte sans pour autant verser dans un respect stérilisant
(comme l'a fait Dreyer pour "Ordet" ou "Gertrud").
On y croit. A l'écran, on a des personnages faits
de chair et de sang et non des marionnettes. Côté
réalisation, d'aucuns trouveront qu'il y a un
petit côté cinéma "soviétique"
dans ce film-là (après tout, on y évoque
aussi la lutte des classes), avec une bonne quantité
de gros plans, de trognes du terroir plus ou moins grimaçantes.
On y trouve aussi pas mal de jeux d'ombres... Outre
Anita Björk, les connaisseurs s'amuseront à
retrouver Max von Sydow, dans un petit rôle de
domestique (c'était a priori son deuxième
film). |
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Hon
dansade en sommar / Elle n'a dansé qu'un
seul été (Arne Mattsson, 1951) |
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En Suède, au tout début des années
1950, Göran Stendal a réussi ses examens
et s'en va passer l'été à la campagne
chez un oncle. Là, il fait la connaissance d'une
jolie fille, Kerstin, et entreprend de lui faire la
cour. La jeune fille (elle a 17 ans) ne s'en laisse
pas conter si facilement, mais, ce qui doit arriver
arrive. Problème : tout le monde ne voit pas
cette idylle d'un bon oeil...
Ce célèbre film d'Arne Mattsson (Ours
d'or au festival de Berlin 1952) a fait sensation en
son temps. Pensez donc, on y voyait les deux héros
batifoler dans un lac, de nuit, dans le plus simple
appareil. Un plan de quelques secondes nous laissait
même entrevoir la poitrine juvénile d'Ulla
Jacobsson ! Aujourd'hui encore, certains sites de vente
continuent de le ranger dans la catégorie "films
érotiques", ce qui — vous vous en
doutez — est franchement exagéré,
pour ne pas dire outrancier ! En réalité,
il est assez injuste de réduire le film à
ces quelques secondes de nudité, et son propos
est tout autre. Le thème principal du scénario
est celui du "conflit de générations".
On y voit des jeunes en butte à l'incompréhension
de leurs aînés, tentant de s'affranchir
du carcan des conventions sociales et de la morale religieuse.
La charge contre la religion (qui n'est bonne qu'à
menacer du châtiment divin) est assez nette, mais
ne va malheureusement pas jusqu'au bout. Le vrai salaud
de l'histoire est le pasteur, mais aucun des personnages
n'a le front de le lui dire en face... Ce film fait
beaucoup penser au "Sommarlek / Jeux d'été"
de Bergman (sorti lui aussi en 1951). A ceci près
que l'héroïne de Bergman dit clairement
"Je ne crois pas que Dieu existe... S'il existe,
je le hais... et je le haïrai jusqu'à ma
mort... S'il était en face de moi, je lui cracherais
au visage." Chez Arne Mattsson, on est plus soft,
on se contente d'un : "Si l'on était puni
pour avoir été soi-même, alors la
vie ne vaudrait pas d'être vécue". |
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I
dur och skur / Un drôle de jumeau, Envers
et contre tout (Stig Olin, 1953) |
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En
Suède, au début des années 1950,
Sid Hassler — directeur de Music Hall —
est en recherche de quelque chose de nouveau. Cela tombe
bien, la jeune Greta Norman — qui se sait douée
pour une carrière de chanteuse de swing —
tente désespérément de décrocher
une audition...
Là, on ne donne que la trame principale du film.
Là-dessus viennent se greffer des histoires de
mari cocu (Sigge Fürst) courant après sa
femme (Yvonne Lombard), de quiproquo avec un frère
jumeau ornithologue (frère jumeau de Sid Hassler,
le personnage est donc joué par Povel Ramel)
et plusieurs sketches à prétention burlesque
de Martin Ljung (qui intervient comme un cheveu sur
la soupe en pilote d'avion, en tailleur, en employé
de grand magasin, en plombier, en vitrier...). Le tout
n'est qu'un prétexte pour permettre à
Povel Ramel et à la sympathique Alice Babs Nilson
d'effectuer plusieurs numéros de chant (trois
fois chacun et une fois en duo). En dehors de cela,
le film n'est pas d'un grand intérêt. A
l'époque de sa sortie, il a pourtant connu un
grand succès et a tenu l'affiche à Stockholm
pendant 48 semaines d'affilée. |
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Gula
Divisionen / L'escadrille jaune (Stig Olin, 1954) |
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En
Suède, en 1954, on assiste à l'entraînement
d'une escadrille de chasse et l'on voit comment les
activités militaires influent sur la vie privée
des pilotes...
Disons-le sans barguigner, d'un point de vue artistique,
tout cela n'a pas grand intérêt. Il s'agit
essentiellement d'un film institutionnel qui ne dit
pas son nom, d'une production toute à la gloire
de l'armée de l'air suédoise — à
replacer dans son contexte de Guerre froide —
entrecoupée de saynètes insipides qui
font ce qu'elles peuvent pour donner un semblant d'épaisseur
aux personnages et nous faire croire qu'il s'agit d'une
vraie histoire de cinéma. "Voyez comme ils
sont beaux, comme ils sont forts, comme ils se tiennent
les coudes ; le ciel leur appartient, dormez en paix,
braves gens !" Cela dit, ne soyons pas trop sévères.
Avec le temps, l'aspect "documentaire de propagande"
est passé au second plan et le film est devenu
une curiosité. Ainsi, pour peu que l'on ne soit
pas résolument allergique à l'univers
militaire, on y voit des choses amusantes, ou pittoresques,
à commencer par les évolutions aériennes
des fameuses "barriques" volantes (SAAB J29).
On y voit aussi quelques figures du cinéma suédois
dans des situations qui font beaucoup penser aux films
américains qui se tournaient à la même
époque. Ici, Hasse Ekman et Ann-Marie Gyllenspetz
sont un peu des William Holden et Grace Kelly suédois
et, même si "Gula divisionen" n'a pas
le souffle d'un "Bridges at Toko-ri" (Mark
Robson, 1954), vu de France, en 2010, le charme "rétro"
de leurs aventures invite à l'indulgence. |
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Karin
Månsdotter (Alf Sjöberg, 1954) |
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Il
s'agit d'une libre adaptation d'une pièce de
Strindberg racontant la vie de Karin Månsdotter
(1550-1612), fille de soldat, maîtresse du roi
Erik XIV vers l'âge de 15 ans, reine de Suède
à 17 ans et veuve à 26 ans...
Strindberg, Alf Sjöberg, Jarl Kulle, Ulla Jacobsson
et Sven Nykvist à la photographie... n'en jetez
plus ! Et pourtant, le film ne captive que moyennement.
En le voyant, on se dit souvent qu'il aurait dû
s'appeler "Erik XIV" tant le personnage de
Karin reste longtemps au second plan. De là vient
sans doute ce sentiment mitigé. D'autant qu'Erik
XIV (1533-1577) — sorte de Ivan le terrible suédois
qui aurait tout raté — est un anti-héros
pas très passionnant. Karin finit bien sûr
par sortir de l'ombre — hélas, à
ce moment-là, les choses vont bien mal pour elle
et la photographie se fait très sombre —
mais elle peine à rattraper son handicap. Disons-le
tout net : le personnage interprété par
Jarl Kulle "plombe" bien l'histoire... Esthétiquement,
il y a tout de même des choses (cadrages, perspectives,
mouvements de caméra) qui ne laissent pas indifférent
et qui pourraient intéresser les passionnés. |
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Damen
i svart / La dame en noir (Arne Mattsson, 1955) |
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Une
nuit dans les environs d'Enköping, une jeune secrétaire
disparaît, victime d'une dame en noir sortie de
nulle part. On parle de fantôme. Mythe ou réalité
? Le détective John Hillman, sa femme et son
compère Freddy Sjöström se rendent
sur place pour essayer de démêler le mystère...
On a là le premier film de la série des
Hillman ; le meilleur sans doute, le plus "carré"
(avec — excusez du peu — Sven Nykvist à
la photographie). Tous les personnages de l'univers
Hillman sont déjà là : sa femme,
le bras droit Freddy (qui fait la connaissance de Sonja
Svensson), l'inspecteur Öhrgren... Parmi les personnages
qui leur donnent la réplique, Anita Björk,
35 ans, le cheveu court, est très à son
avantage ; incidemment, elle a un petit air de Danièle
Delorme dans "Voici le temps des assassins"
(Julien Duvivier, 1956). Sif Ruud (neuf films avec Ingmar
Bergman) est ici méconnaissable !... Côté
réalisation, on nous sert toutes les recettes
du genre (la musique, le chien hurlant dans la nuit,
l'ombre et la lumière, la brume) et le suspens
fonctionne bien. A la fin, on prie même le spectateur
de ne pas révéler le dénouement.
Détail amusant : les héros masculins sont
montrés à plusieurs reprises en train
d'accomplir des tâches qui, à l'époque,
en France, étaient largement dévolues
aux femmes (on les voit faire la cuisine, étendre
le linge...) ; pas de doute, "La dame en noir"
est bien un film suédois ! |
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Danssalongen
/ Dancing (Börje Larsson, 1955) |
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A
Stockholm, au milieu des années 1950, la jeune
chanteuse Sonja Gren fait les beaux soirs d'une boîte
de nuit en vogue. Viktor, le patron, lui tourne évidemment
autour, au grand dam de son épouse Ria qui en
devient malade de jalousie. Mais voilà qu'un
soir, l'ex de Sonja — un voyou tout juste sorti
de prison — refait surface. A n'en pas douter,
cela va bientôt sentir la poudre...
Que dire ? si ce n'est "bof, bof, bof"...
Si l'on fait abstraction des problèmes de transfert
vidéo (qui empêchent de profiter réellement
du film), il faut bien avouer que tout cela n'est pas
très emballant. Pour un spectateur français
d'aujourd'hui, on ne peut pas dire que le couple formé
par Elof Ahrle (Viktor) et Sonja Wigert (Ria) soit très
charismatique. Par ailleurs, le choix de la chanteuse
Sonya Hedenbratt pour le doublage de Gunvor Pontén
est plutôt malheureux (le timbre de voix n'est
pas très beau). Enfin, Lars Ekborg — qui
tournait deux ans plus tôt dans "Monika"
— fait parfois sourire dans son rôle de
gouape-qui-va-faire-un-malheur. Que reste-t-il ? La
peinture d'une certaine jeunesse stockholmoise au milieu
des années 1950, un spectacle sans doute destinée
à faire frissonner le bourgeois d'alors (dix
ans plus tôt, Alice Babs Nilsson avait déjà
fait scandale avec ses adorables comédies à
la gloire du swing). Des danses de sauvages, une libido
débridée, de la violence, un zeste de
toxicomanie... terrible ma bonne dame ! |
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Främlingen
från skyn / L'étranger tombé
du ciel (Rolf Husberg, 1956) |
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Au
début des années 1950, quelque part en
Suède, la jeune Lo s'ennuie dans son patelin
perdu dans la forêt. Lorsqu'elle n'aide pas sa
tante à tenir l'épicerie / droguerie du
coin, elle traîne, guette les arrivées
des trains, espionne le voisinage, et, surtout, s'invente
un tas d'aventures extraordinaires qu'elle tente ensuite
de faire gober à tous ceux qui veulent bien lui
prêter une oreille attentive. Mais voilà
qu'un jour, un petit avion s'écrase dans les
parages et qu'on en extrait deux hommes ayant visiblement
fui leur pays. L'occasion d'échapper un moment
à la routine étant trop belle, Lo ne fait
ni une ni deux, elle enfourche son vélo et file
en direction du lieu du crash. Ce qu'elle ignore, c'est
que cette petite virée va l'entraîner beaucoup
plus loin que prévu...
Ce petit film d'une heure et dix-neuf minutes est sympathique
comme tout. C'est un mélange de comédie
britannique des années 50 et de thriller américain
(avec de beaux éclairages de film noir dans la
dernière partie). Marianne Bengtsson —
qui avait 19 ans et qui fit seulement huit films de
1955 à 1959 — nous sert ici une variation
au féminin de l'histoire du garçon qui
criait "au loup". Face à elle, le mystérieux
Günther Hüttmann fait souvent penser aux personnages
de tueurs interprétés par Richard Widmark.
On mentirait si l'on disait que le suspense est insoutenable,
mais l'ensemble est habilement fait et remplit parfaitement
son contrat de série B. On regrettera simplement
que la musique de Gösta Theselius — qui n'est
pas mal du tout — n'ait pas été
mise davantage à contribution. |
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Moln
över Hellesta / Nuages sur Hellesta (Rolf Husberg,
1956) |
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Margareta
Snellman — directrice de collection dans une maison
de couture — est fiancée au jeune comte
Carl Anckarberg qui a décidé de la présenter
à sa famille. Ils quittent Stockholm et se rendent
au manoir familial à Hellesta. Là, dans
un cadre idyllique, ils sont chaleureusement accueillis
par la mère, la soeur, une tante... Tout irait
pour le mieux dans le meilleur des mondes si —
peu avant le départ — la
jeune femme n'avait pas entendu parler de la disparition
tragique de Gunvor Johansson, ancienne fiancée
de Carl, et si — peu de temps après son
arrivée — toute
la famille ne s'était mise à lui parler
d'une ancêtre qui hantait le manoir. Après
avoir passé une nuit quelque peu perturbée,
Margareta, intriguée, se met à fureter,
à écouter, puis se met en tête de
découvrir ce qui est arrivé à Gunvor...
Disons-le d'emblée, on a ici une aventure rondement
menée, joliment photographiée (il y a
un beau travail sur l'ombre et la lumière), avec
une Anita Björk rayonnante, et, last but not least,
un bon suspense. Et pourtant, lorsque le mot fin apparaît
à l'écran, on ne peut s'empêcher
d'éprouver une certaine frustration. De fait,
si tous les ingrédients étaient réunis
pour faire un film de manoir hanté efficace,
Rolf Husberg s'est contenté de rester entre deux
eaux et n'a pas su — ou n'a pas voulu —
exploiter tous les aspects fantastiques du scénario
(ce qui fit dire à certains critiques suédois
— à l'époque de la sortie —
que le film était comme "un âne qui
hésitait entre deux tas de foin"). Par ailleurs,
le dénouement de l'histoire — sans être
invraisemblable — n'est pas amené de la
façon la plus subtile qui soit et demande un
certain effort d'acceptation de la part du spectateur.
Quoi qu'il en soit, si le film est loin d'être
un "rendez-vous avec la peur", on a ici une
tentative de thriller à la suédoise intéressante
et un spectacle bien divertissant. |
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Swing
it, Fröken ! / Mademoiselle Swing et son élève
(Stig Olin, 1956) |
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Au
milieu des années 1950, Alice Lind entre comme
professeur d'Anglais dans un établissement dirigé
par Alma Stålberg, une directrice rigide, aux
idées bien arrêtées sur les bonnes
façons d'enseigner. En attendant de trouver un
logement, elle prend une chambre chez les Nilsson où
elle fait la connaissance de Sigge, un jeune garçon
bien plus motivé par la trompette et le swing
que par l'école. Ni une ni deux, la jeune femme
décide de ramener son élève à
de meilleurs sentiments pour les études...
Ce 15ème film d'Alice Babs — âgée
alors de 32 ans — reprend bien des éléments
de son premier grand succès "Swing it, magistern
!" (1940) : l'établissement scolaire, la
directrice psychorigide, le swing, le conflit de génération...
à ceci près qu'ici, la chanteuse / comédienne
est passée dans le camp des enseignants. Sur
le plan formel, le film fleure bon l'Amérique
des années 50, dès les premières
notes du grand orchestre swing dirigé par Bengt
Hallberg. Bien sûr, au-delà des histoires
de conflits pédagogiques, d'amours adolescentes
et de vague à l'âme de jeune femme célibataire,
la motivation principale du film est de faire entendre
quelques nouvelles chansons aux spectateurs. Ainsi,
en 96 minutes de film, on entend "Lasses melodi"
(un instrumental accompagné par des onomatopées
du genre "tudududu-du tudududu-du"), "Plugget"
(plutôt pas mal), "Verbvisan" (une chanson
en anglais pour apprendre les verbes irréguliers),
"Spagettivisan" (assez affreuse), "Det
är inte sant" (une ballade), et "Du och
jag" (adaptation de "I'm for You, You're for
Me", vraiment très bien, la meilleure chanson
du film !). Côté comédiens on signalera
la présence de Hjördis Petterson (réellement
détestable dans son rôle de proviseur et
nettement moins drôle que la Viran Rydkvist des
années 40), Pia Skoglund (bien jolie) et Christina
Schollin (bien joufflue). Sif Ruud — souvent vue
chez Bergman — est également présente
dans le rôle de la mère de Sigge. |
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Mannekäng
i rött / Le mannequin en rouge (Arne Mattsson,
1958) |
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Une
maison de haute-couture dirigée par un vieux
chameau se déplaçant en chaise roulante
(Lillebil Ibsen), une nièce aux dents longues
(Gio Petré), un fils adoptif aux ambitions contrariées
(Bengt Brunskog), un mannequin assassiné... et
voilà John Hillman qui mène à nouveau
l'enquête, épaulé par son épouse
Kajsa et secondé par son compère Freddy
Sjöström (qui, sur cet épisode, passe
le plus clair de son temps à faire des grimaces,
à bafouiller et à se faire remonter les
bretelles par son amie Sonja Svensson). Les disparitions
tragiques se succèdent et l'on passe près
d'1h45 à essayer de deviner qui tire les ficelles...
Ici, comme dans "La voiture jaune" (1963),
on pense immanquablement à un épisode
de "Chapeau melon & bottes de cuir", mais
en couleurs cette fois. Il y règne la même
atmosphère de mystère, l'ambiance musicale
y est très comparable. Dans la scène de
l'enterrement, superbement photographiée (à
partir de 1h23'40), on s'attend presque à voir
John Steed sortir de derrière une stèle
funéraire ! Bien sûr, une fois le pot aux
roses découvert, on est bien embêté,
on se dit encore une fois qu'il faudra laisser passer
un moment avant de penser à un revisionnage...
Cela dit, il est toujours possible de se rabattre sur
l'aspect "haute couture" de l'histoire et
sur toutes les charmantes demoiselles vêtues de
jolie robes années 50 ! |
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Musik
ombord / Musique à bord (Sven Lindberg, 1958) |
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vers
la fin des années 1950, en Suède, Rolf
et Ulla Wickström coulent des jours heureux avec
leurs deux enfants, leur chat, leurs chiots, leur perroquet
et quelques souris. Autrefois, Rolf était maître
timonier, Ulla était chanteuse à succès,
mais chacun a tourné la page pour se consacrer
exclusivement au bonheur du foyer. Rien ne semble devoir
troubler cette idylle quand de nouveaux voisins font
leur apparition. Il s'agit de musiciens danois —
Hansen et Jensen — qui, sous des dehors sympathiques
et innocents, sont venus s'installer là dans
le but secret d'amener Ulla à remonter sur scène.
Arriveront-ils à leurs fins ?
On s'en doute, ce 16ème et avant-dernier film
d'Alice Babs — qui avait 34 ans — n'a pas
d'autre objet que de permettre à la "mademoiselle
swing" de 1940 de nous interpréter quelques
chansons, et l'histoire de la machination d'Hansen &
Jensen n'est qu'accessoire. Ainsi, pendant les 96 minutes
de spectacle, on nous sert 14 intermèdes
musicaux : de vraies chansons, des extraits de chansons
ou des instrumentaux. Pour le reste, on baigne en plein
dans les années 50 "à l'américaine".
Les femmes portent des robes ou des jupes corolles,
elles servent le petit déjeuner au lit à
leur cher et tendre, s'occupent évidemment des
enfants, et passent une bonne partie de leur temps à
chasser la poussière, à faire du tricot
et à surveiller les fourneaux. Les hommes, tout
en costume cravate, vont passer la journée au
bureau, regagnent le bercail en fin d'après-midi
et attendent que le dîner soit servi en lisant
le journal (une véritable vision d'horreur pour
féministes). Lorsque le film est sorti sur les
écrans, les critiques ont été plutôt
bienveillants. Il s'est quand même trouvé
des plumes pour dire que ce divertissement aurait gagné
à être moins "sucré" et
un peu plus "salé". On a aussi émis
des réserves sur son contenu musical. Et il faut
bien avouer que le programme n'est pas très emballant.
En dehors d'un air de calypso interprété
en duo avec le comédien allemand Paul Kuhn ("Vi
tar det bästa porslinet"), d'un quatuor a
capella ("Ut i naturen") et d'une séance
de jitterbug, difficile de ne pas faire la moue. En
bref, on tient là un divertissement familial
ensoleillé, mais assez anodin, et l'on en sort
avec le sentiment que la formule — celle du film
musical estampillé "Alice Babs" —
est en bout de course... Incidemment, côté
distribution, on signalera la présence de Lena
Granhagen — dans le rôle de la soeur brune
d'Ulla Wickström — qui reprit tout de suite
après ce film son rôle de Sonja Svensson
— blonde, elle — dans le second opus de
la série des "Hillman" (Arne Mattsson,
1958-1963). Enfin, dans le rôle de la fille du
couple Wickström, c'est une Lena Nyman âgée
de 14 ans que l'on peut apercevoir. Elle en était
alors à son troisième film et, on s'en
doute, était encore bien loin de son personnage
de "Je suis curieuse" (Vilgot Sjöman,
1967-1968). |
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Nära
livet / Au seuil de la vie (Ingmar Bergman, 1958) |
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En
Suède, à la fin des années 1950,
trois femmes se retrouvent dans la chambre d'une maternité.
Il y a Cecilia Ellius (Ingrid Thulin), qui vient de
faire une fausse couche ; Stina Andersson (Eva Dahlbeck),
qui est sur le point d'accoucher ; Hjördis Petterson
(Bibi Andersson), qui est en convalescence après
une tentative d'avortement ratée...
Ici, Ingmar Bergman nous sert une sorte de documentaire
sur la maternité. Outre les trois comédiennes
qui nous proposent chacune une approche différente
de la grossesse (l'attente heureuse de l'enfant, son
refus, sa perte), on croise également une femme
qui ne parvient pas à concevoir, on voit quelques
médecins effectuer leurs visites et on assiste
à une séance d'allaitement... toutes choses
qui, aujourd'hui, ont été vues, vues,
vues et revues, que ce soit au cinéma ou à
la télévision. Alors, même si le
cinéaste n'oublie pas d'aborder les thèmes
qui lui sont chers (le malentendu homme-femme, les rapports
tendus entre parents et enfants, le sentiment de culpabilité,
la cruauté de la vie...), il faut bien admettre
que le film n'a vraiment d'intérêt que
si l'on se replace dans le contexte de sa sortie...
Cela étant dit, le plaisir de retrouver Ingrid
Thulin, Bibi Andersson et Eva Dahlbeck est intact, et,
même si l'on en a vu bien d'autres depuis 1958,
le climax de la scène d'accouchement —
interprétée par Eva Dahlbeck — arrive
encore à produire son petit effet. |
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Ryttare
i blått / Le cavalier bleu (Arne Mattsson,
1959) |
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Une
école d'équitation militaire, un cheval
que l'on maltraîte dans la nuit, un mystérieux
cavalier bleu que l'on assassine... et voilà
une nouvelle enquête qui commence pour le détective
John Hillman.
Malgré les moyens mis en oeuvre, malgré
le cinémascope, c'est peut-être le film
le moins réussi de la série. Sans doute,
d'abord, parce que ce n'est pas John Hillman qui mène
l'enquête (il n'apparaît que quelques secondes),
mais un peu tout le monde : sa femme Kajsa, son complice
Freddy Sjöström, l'inspecteur Sune Öhrgren,
le cavalier Kurt Forsberg... Par ailleurs, le scénario
est un peu décousu, il s'étire, part dans
un sens, dans l'autre, certains personnages de premier
plan disparaissent pour réapparaître beaucoup
plus tard ; on finit presque par oublier pourquoi tant
de gens s'activent à l'écran. Enfin, le
dénouement est carrément à l'image
de la situation initiale : pas très excitant
!... Alors, il semble qu'Arne Mattsson se soit surtout
fait plaisir à filmer des cavaliers et des cavalières
en jolis uniformes, des chevaux et des cavalcades :
de gauche à droite, de droite à gauche,
de loin, de près, en contre-plongée...
Cela dit, Nils Hallberg est toujours là pour
jouer le rigolo de service (avec la sympathique Lena
Granhagen), Gio Petré joue une nouvelle fois
la blonde qui a quelque chose à cacher et Bengt
Brunskog le bellâtre plutôt creux. A leur
côté, Mona Malm fait beaucoup penser à
Elisabeth Odén et Björn Bjelfvenstam nous
sert un personnage assez antipathique à des lieues
du jeune garçon complexé de "Sourire
d'une nuit d'été". |
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