A
Oslo, Erik Hauge mène une vie tranquille de mécanicien.
Il est beau gars, se prépare à épouser
la jolie Marit, rien ne semble devoir troubler un avenir
tout tracé. Et puis, un beau jour, une jeune
femme riche fait irruption dans le garage où
il travaille et lui demande de jeter un coup d'oeil
au moteur de sa superbe Dodge décapotable. Échange
de regards. Sentiment étrange. A l'évidence,
l'inconnue n'est pas seulement venue là pour
un problème de delco...
Pour tout dire, ce premier film d'Edith Carlmar (1)
n'est pas très emballant. La raison ? Une belle
erreur de casting. Si Claus Wiese fait parfaitement
l'affaire dans le rôle du bellâtre, on ne
peut pas dire que la comédienne Bjørg
Riiser-Larsen (1916-2000), elle, soit parfaitement à
sa place ici. De fait, ce mélange hommasse de
Ginette Leclerc, de Joëlle Bernard et de déménageur
breton est tellement déplaisant qu'on a beaucoup
de mal à croire à cette histoire de coup
de foudre. On regarde le pauvre Erik tout à sa
passion pour sa vieille carne et l'on se dit : "Mais
que diable allait-il faire dans cette galère
?" On veut bien croire que les hormones aient des
élans que la raison ignore, mais... tout de même
! Sinon, il se dit que ce film serait le tout premier
"film noir" norvégien, mais c'est sans
doute exagéré. Si l'on y trouve bien un
jeune homme aux prises avec une femme fatale, on est
loin — esthétiquement parlant — des
éclairages et de l'utilisation de l'obscurité
si caractéristiques des films de ce genre. On
est davantage en présence d'un drame —
"Ils ne sont pas du même milieu, mais ils
en pincent l'un pour l'autre" — comme ont
pu en tourner des Marcel Carné, des Julien Duvivier
ou des Gilles Grangier. S'il avait été
réalisé en France, le rôle d'Erik
aurait pu être tenu par un Roland Lesaffre et
celui de Sonja — la femme fatale — par une
Marie Daëms (2)... A titre anecdotique, sachez
que cette "Mort est une caresse" provoqua
un certain scandale lors de sa sortie. On y montrait
et on y disait des choses qui choquèrent... à
Oslo, la réalisatrice fut même menacée
de mort, et, à Kristiansand, le film fut interdit
d'écran pendant un moment. |