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Castelgaillard
- 3 juillet 1690
choix d'un homme pour la milice |
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A
Castelgaillard, avant midi, les consuls Bernard Gilibert
et Jean Dantin, et les paroissiens Augustin et Bertrand
Caraué (frères), Arnaud et Jeannet Passarieu
(frères), Bernard Laporte, Pierre Sizot, Georges
Terrenq, François Courtiade, Bernard Rabin,
Bernard Marast, Georges Sarracaube, Guilhem Guchens,
Guilhem Ader, Michel Guchens, Jean Bernard Maruat,
Guilhem Dufaut, François Cortiade et Jean Esclassan,
rapportent que pour se conformer à l'ordonnance
royale du 1er juin 1690 mandant de choisir un homme
bien fait et d'âge à bien servir le Roi
dans un régiment de la Milice*, de l'équiper
d'un fusil et d'une épée et de l'envoyer
à L'Isle-en-Dodon, on avait décidé
le 11 juin de sélectionner Guilhem Cortiade,
fils d'Anthony. Mais comme ce dernier ne remplissait
pas les conditions de l'ordonnance du 26 février
1690 spécifiant que le soldat devait résider
dans la paroisse, ce choix s'est révélé
caduc. On a donc envoyé à sa place Philippe
Sarracaube et Bertrand Dupin. Le capitaine les ayant
refusés, on les a remplacés par Guilhem
Dupin, fils de Jean, et Jean Esclassan, fils de Philippe,
qui seront présentés dans les meilleurs
délais. Fait en présence de Jean Cabanes,
de Saint-Frajou, et de Pierre Caraué, cordonnier
de Castelgaillard qui ont signé avec le notaire
et les "sachants".
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(ADHG
3E 19012 f°89-90 - Cazac)
*
Le 20 novembre 1688, les intendants reçurent
l'ordre de lever dans chaque paroisse, en fonction de
sa contribution à la taille, des célibataires
de 20 à 40 ans. Les régiments de milice
était composés de 15 ou 20 compagnies
formées de 50 miliciens de paroisses voisines.
Le 16 mars 1689, Louvois dut menacer du fouet les hommes
qui quitteraient leur village pour échapper à
la milice. Le 23 décembre 1692, on instaura le
tirage au sort. Pour y échapper, des garçons
se mariaient en hâte, d'autres simulaient la folie
ou se mutilaient l'index de la main droite. On pouvait
être exempté pour raisons familiales (fils
uniques), sociales (domestiques de nobles ou d'ecclésiastiques)
et, après 1754, économiques (ouvriers
de manufactures royales, fils de gros laboureurs). La
milice fut levée de 1688 à 1697, de 1702
à 1714 et à partir de 1726. Les hommes
étaient appelés pour six ans. (source
: Dictionnaire de l'Ancien Régime, sous la direction
de Lucien Bély, PUF, Paris 1996)
Anecdote
: En 1705, dans le préambule du rôle des
impositions de la communauté de Laffite-Vigordane
(environ 3 km à l'ouest de Carbonne), on écrivait
: "... la communauté ayant reçu ordre
de bailler un soldat conjointement avec la communauté
de Saint-Elix, pour fournir aux recreues de S[a] M[ajesté],
elles auroient fourny un nommé Castel qui déserta
en route... Le seigneur intendant fit injonction auxdites
communautés d'arrêter ledit déserteur,
et, à faute de pouvoir l'arrester, de vendre
ses biens à concurrence de 150 livres pour acheter
un autre soldat à la place..., et, à cause
que ledit Castel n'a aucune sorte de biens, ladite communauté
de Lafitte feut obligée d'emprunter 75 livres
pour sa part de 150 livres pour satisfaire à
l'ordonnance du seigneur intendant... et d'autant que
le temps estoit trop court pour en demander la permission,
et que la communauté n'a aucuns émolumens,
elle supplie nos seigneurs des estats d'agréer
l'imposition qu'elle fait desdites 75 livres... (ADHG
C 1958)
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