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Fabas
- 17 décembre 1782
controverse fiscale et supplique à l'intendant |
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Noble
Louis de Lucante de Lacassaigne et ses soeurs
Hippolyte, Thérèse et Marguerite,
enfants de feu Louis Lucante de Lacassaigne,
habitants de Fabas, écrivent à
monseigneur de Vergennes, intendant de Navarre,
de Béarn et de la généralité
d'Auch pour se plaindre des tracasseries et
vexations que leur imposent Jean Vincent Courthiade
(avocat au parlement) et Antoine Dario (négociant),
tous deux également habitants de Fabas.
Ils rappellent d'abord qu'ils ont eu le malheur
de perdre leurs parents alors qu'ils étaient
en bas âge*. Que ces derniers
avaient épuisé leur fortune à
soutenir quatre fils qui servaient dans le régiment
de dragons Caraman, qu'il ne leur reste plus
— à chacun — qu'une modique
portion d'héritage de 1.200 livres et
qu'ils sont réduits aux expédients
pour subvenir à leur entretien, n'ayant
que la simple nourriture et le logement dans
la maison de la succession paternelle dévolue
à leur frère aîné
Jean Bertrand Eutrope Lucante de Lacassaigne,
capitaine au régiment de dragons de la
Rochefoucauld.
Après quoi, ils déclarent avoir
été injustement inscrits au rôle
de la capitation roturière, alors qu'ils
sont nobles comme l'attestent des pièces
justificatives approuvées par ce
qu'il y a de plus grand au parlement et
transmises à Mr Delieux, subdélégué.
Ainsi, ils ont d'abord été imposés
pour la somme de 4 livres au rôle de 1775,
puis celle de 16 livres au rôle de 1778
(8 pour Louis de Lucante et 2 livres 13 sols
pour chacune de ses trois soeurs). Somme exorbitante
que la communauté les a obligés
à payer jusqu'en 1782. Somme d'autant
plus exorbitante que leur père, de son
vivant, ne payait que 6 livres de capitation
noble et que des personnes de la communauté
plus riches qu'eux — "cadets",
commerçants et autres — ne payent
au plus fort que 1 livre 16 sols. Selon
eux, il y a derrière tout cela malice
et agression de la part des deux vilains
sujets indignes de foi que sont les sieurs
Courthiade et Dario.
Pour preuve, ils exposent ensuite qu'ils sont
en procès depuis sept ans avec Antoine
Dario. Que ce dernier et Jean Vincent Courthiade
— qui mènent la communauté
— sont accoutumés à prendre
des décisions sous la cheminée,
sans passer par l'assemblée des bientenants.
Qu'ils ont été condamnés
à rendre compte du remboursement d'une
somme de 300 livres, qu'ils ont fait couper
des arbres sans fournir de rapport, que le sieur
Dario a eu la témérité
de faire rayer les qualités de la famille
de Lucante dans le nouveau cadastre de Martignan,
que ce même Dario s'était rendu
coupable d'usure.
En conséquence de quoi ils supplient
l'intendant de les sortir d'entre les mains
de ces deux individus, de s'opposer à
l'ordonnance du 2 novembre 1782 qui condamne
Louis Lucante à payer la somme de 8 livres
au titre de la capitation roturière et
celle de 25 sols pour les frais de logement,
de modérer les taxes que les héritiers
de Lucante ont dû payer de 1778 à
1782, d'ordonner qu'ils soient tirés
du rôle de la capitation roturière,
d'ordonner que l'impôt soit payé
par le possesseur des biens de la famille**
et de faire défense à la communauté
de la soumettre à d'autres charges rurales
sous peine de 1.000 livres d'amende. Ils demandent
également qu'Antoine Dario et Jean Vincent
Courtiade soient tenus de rendre compte de la
susdite imposition de 300 livres ainsi que de
la susdite vente des arbres, et qu'Antoine Dario
soit déchu de sa fonction de sécrétaire
et interdit d'entrer aux assemblées de
la communauté. |
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ADHG B 285 Justice secondaire de Fabas
** Tout cela est
très exagéré. Louis de Lucante
père (faisant profession d'armes et vivant
noblement) a épousé demoiselle Madeleine
de Goutelongue, à Fabas, le 6 octobre 1726.
De ce mariage sont nés Jean Pierre (1727),
Jean Gabriel (1730), Anne Hippolyte (1732-1811),
Jean Bertrand Eutrope (1733-1810), Marie Françoise
(1734-1744), Jean (1736), Marie Thérèse
(1737-1819), Marie Gabrielle (1739-1746), Jeanne
Marguerite (1740-1788), Louis Joseph (1742-1811),
Jean Victorin (1744) et Marie Anne (1746-1747).
Madeleine de Goutelongue est décédée
de maladie le 25 septembre 1762. Louis de Lucante,
son époux, est décédé
le 30 novembre 1765. A cette date Hippolyte avait
33 ans, Thérèse en avait 28, Marguerite
en avait 25, Louis Joseph en avait 23 et Jean
Victorin en avait 21.
** Jean Bertrand Eutrope sans doute.
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Fabas
- 1783
plainte pour diffamation |
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Jean
Vincent Courthiade, avocat au parlement, juge
ordinaire des terres de monseigneur l'évêque
de Comminges, de celles de messire de Cambon (président
à mortier du parlement de Toulouse), de
celles de messire le comte de Cardeillac, de celles
de messire le comte de Vernon et autres lieux,
et Antoine Dario, négociant, tous deux
habitants de Fabas, déclarent qu'ils se
flattent de mériter l'estime et la confiance
de leurs concitoyens, mais qu'il est venu à
leur connaissance que le sieur Louis Lucante —
également habitant de Fabas — se
permettait de les diffamer journellement, dans
tous les lieux publics du village, portant grandement
atteinte à leur réputation, qu'il
avait même eu la témérité
de lire à qui voulait l'entendre des libelles
diffamatoires chargés de fausses imputations.
Etant admis que de pareils excès méritent
une punition exemplaire, sachant que ledit Louis
Lucante n'en est pas à son premier coup
d'essai (cf. un acte du 15 novembre 1773 joint
en annexe), ils demandent au juge ordinaire de
la temporalité de l'abbaye de Fabas de
recevoir leur plainte et de mener une enquête. |
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ADHG
B 285 Justice secondaire de Fabas (feuille volante
sans date)
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Fabas
- 13 juin 1783
assignation à témoigner |
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Dans
le cadre de l'information judiciaire qui a été
ouverte suite à la plainte en diffamation
déposée par Jean Vincent Courthiade
(avocat) et Antoine Dario (négociant),
Pierre St-Blancat — bailli résidant
à Lussan, reçu au siège de
la temporalité de l'abbaye de Fabas —
enjoint un certain nombre d'habitants de la juridiction
de Fabas à venir témoigner devant
le juge, le 14 juin, à partir de sept heures
du matin. Sont ainsi assignés à
comparaître : Raymond Sentaigne, Claire
Deprax (son épouse), Raymonde Cot (épouse
de François Brumas), Raymond Brumas (son
fils), Jeannet Deprats, Bernard Chanfrau, le sieur
Jean François Loubière, Raymond
Sentignan, Joseph Dufeytes, Raymond Loubens (bordier
à la métairie du Fond de la Serre),
Jean Pierre Laurine et Dominique Sestac. Une copie
de la présente assignation leur a été
remise en personne et ils ont été
informés du fait que tout refus de se présenter
serait passible d'une amende. |
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ADHG
B 285 Justice secondaire de Fabas
retour |
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Fabas
- 14 juin 1783
assignation à témoigner |
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Dans
le cadre de l'information judiciaire qui a été
ouverte suite à la plainte en diffamation
déposée par Jean Vincent Courthiade
(avocat) et Antoine Dario (négociant),
Pierre St-Blancat — bailli résidant
à Lussan, reçu au siège de
la temporalité de l'abbaye de Fabas —
enjoint Bertrand Nebout (second consul de Fabas)
et Jean Coustansan (habitant de Fabas) à
venir témoigner devant le juge, le lundi
16 juin, à six heures du matin. Une copie
de la présente assignation leur a été
remise en personne et ils ont été
informés du fait que tout refus de se présenter
serait passible d'une amende. |
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ADHG
B 285 Justice secondaire de Fabas
retour |
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Fabas
- 14 juin 1783
interrogatoires de divers habitants de Fabas et
de St-Pé-d'Arès |
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Dans
la maison de la veuve Désirat, après
sept heures du matin, Dominique Sanarens — avocat
résidant à Alan, nommé juge
par madame l'abbesse de Fabas à cause du
lien de parenté existant entre le juge
de la temporalité de l'abbaye et le sieur
Louis Lucante — procède à
l'interrogatoire de divers habitants de Fabas
et de St-Pé d'Arès avec le concours
de Me Louis Debent — notaire royal de Saint-Frajou
— comme greffier.
Il reçoit d'abord le sieur Jean François
Loubière, âgé d'environ 55
ans, négociant, habitant la paroisse de
Saint-Pé-d'Arès. Après serment
de dire la vérité, les mains posées
sur les Saints Evangiles, le témoin déclare
connaître Me Courthiade, le sieur Dario
et le sieur Lucante et n'avoir aucun lien avec
eux, que ce soit comme parent, allié, serviteur
ou domestique. Après qu'on lui a lu la
requête des plaignants, il témoigne
que depuis que le sieur Lucante et le sieur Dario
sont en procès, il a entendu le sieur Lucante
dire à plusieurs reprises — que ce
soit dans la boutique de Ducassé (serrurier)
ou dans l'auberge de Sentignan l'aîné
— que Me Courthiade et Antoine Dario étaient
des coquins et des fripons qui lui faisaient beaucoup
de coquineries et de friponneries
dans son procès. Un jour, alors qu'ils
se trouvaient en tête à tête
devant la maison dudit Sentignan, il avait suggéré
au sieur Lucante d'en finir et de trouver un moyen
de s'accomoder, mais ce dernier avait répondu
que tout cela finirait par quelques têtes
cassées. Après lui avoir demandé
de préciser sa pensée, il avait
répondu "... comme l'on fit à
M. Fondeville*". Là-dessus, le sieur
Loubière ajoute qu'il a aussi entendu le
sieur Lucante traiter Me Courthiade et Antoine
Dario de mauvais sujets, tout comme Me
Caussade — avocat et gendre de Me Courthiade
— qui faisait des friponneries
dont il tirait de l'argent quand d'autres les
faisaient pour rien. Lecture faite de sa déposition,
le témoin déclare y persister et
signe. Enfin, il requiert taxe** et le
juge lui accorde 3 livres. |
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** Bertrand de Fondeville,
assassiné en janvier 1781 sur le chemin
de Marignac à Saint-Béat (Haute-Garonne).
** Une indemnité pour le dérangement.
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Sur
quoi, c'est au tour de Laurent Sentaigne de comparaître.
Après serment, il dit être âgé
d'environ 33 ans, être tailleur d'habits
et débitant de marchandises (dans sa maison),
et résider à Saint-Pé-d'Arès
au quartier du Plan. Après qu'on lui a
lu la requête des plaignants, il témoigne
que le sieur Lucante — étant venu
plusieurs fois dans sa maison qui fait aussi cabaret
— avait dit à plusieurs reprises,
à haute voix, que Me Courthiade et Antoine
Dario étaient des brouillons,
des usuriers et de mauvais sujets.
Il ajoute que le mardi 10 juin, alors qu'il se
trouvait dans la maison de Raymond Sentignan —
cabaretier — avec plusieurs autres personnes,
dont Georges Courthiade (chirurgien, fils cadet
de Me Courthiade), le sieur Lucante leur avait
lu un papier dans lequel il était écrit
que Me Courthiade et Antoine Dario étaient
de vilains sujets, des usuriers et qu'ils avaient
coutume de faire des délibérations
sous la cheminée. Il ajoute encore
que le 13 au soir, vers huit heures et demie,
le sieur Lucante est venu le trouver chez lui
pour lui demander s'il avait été
assigné à témoigner. Après
avoir vu la copie de l'assignation, il lui a demandé
ce qu'il comptait dire. Ce à quoi il a
répondu qu'il ne l'avait pas entendu dire
du bien de Me Courthiade et d'Antoine Dario. Enfin,
il précise qu'il n'a jamais entendu les
plaignants dire du mal du sieur Lucante. Lecture
faite de sa déposition, le témoin
déclare y persister et signe sans requérir
taxe. |
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Sur
quoi, c'est au tour de Bernard Chanfrau de comparaître.
Après serment, il dit être âgé
d'environ 42 ans, être tisserand de lin,
et résider à Fabas au quartier du
Soulan. Après qu'on lui a lu la requête
des plaignants, il témoigne qu'il a entendu
le sieur Lucante dire à plusieurs reprises,
en pleine rue, que Me Courthiade et Antoine Dario
— qu'il considère comme d'honnêtes
gens — étaient des coquins et des
fripons. Il ajoute qu'il y a huit jours, le même
sieur Lucante lui a lu une requête adressée
à M. l'intendant où il était
dit que Me Courthiade et Antoine Dario étaient
de mauvais sujets. Enfin, il précise qu'il
n'a jamais entendu les plaignants dire du mal
du sieur Lucante. Lecture faite de sa déposition,
le témoin déclare y persister, mais,
ne sachant écrire, ne signe pas. Il termine
en requérant taxe et le juge lui accorde
15 sols. |
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Sur
quoi, c'est au tour de Jean Deprat de comparaître.
Après serment, il dit être âgé
d'environ 42 ans, être tailleur d'habits,
et résider à Fabas au quartier du
Soulan. Après qu'on lui a lu la requête
des plaignants, il témoigne qu'il a entendu
le sieur Lucante dire à plusieurs reprises
que Me Courthiade et Antoine Dario étaient
des coquins et des fripons. Que la dernière
fois où il a tenu ces propos remonte à
l'époque où l'on fouissait les vignes.
Alors qu'il était en train de travailler
pour le bordier de la métairie de Lacassaigne
(qui appartient au sieur Antoine Dario), il avait
vu le sieur Lucante tenter de débaucher
ledit bordier puis l'avait entendu dire que Me
Courthiade et Antoine Dario étaient des
coquins et des fripons. Il avait bien tenté
de lui répondre qu'il avait tort, que l'un
comme l'autre étaient des gens de probité,
mais le sieur Lucante s'était emporté,
criant de nouveau que Me Courthiade et Antoine
Dario étaient de véritables coquins
et fripons, et qu'il le prouverait. Il a même
ajouté qu'il avait vu Me Courthiade —
le jour même — et qu'il lui avait
dit en face ce qu'il pensait de lui, en le tutoyant,
et que l'autre n'avait osé répondre.
Enfin, comme il lui faisait remarquer que tout
cela finirait certainement par lui attirer des
ennuis, le sieur Lucante avait répondu
qu'il se fichait des plaignants, que
s'ils avaient osé s'en prendre à
sa personne, ils l'auraient fait depuis longtemps
déjà. Lecture faite de sa déposition,
le témoin déclare y persister, mais,
ne sachant écrire, ne signe pas. Il termine
en requérant taxe et le juge lui accorde
15 sols. |
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Sur
quoi, c'est au tour de Jean Pierre Laurine de
comparaître. Après serment, il dit
être âgé d'environ 19 ans,
être forgeron et résider à
Fabas. Après qu'on lui a lu la requête
des plaignants, il témoigne qu'il a souvent
entendu le sieur Lucante traiter Me Courthiade
et Antoine Dario de coquins et de fripons lors
de ses fréquents passages dans la boutique
de son père (boutique qu'il fréquente
de nouveau depuis environ un an). Comme ces deux
hommes sont — de l'avis général
— d'une probité reconnue et comme
ces invectives les offusquaient, son père
et lui ont exhorté le sieur Lucante à
se taire s'il continuait à venir dans leur
boutique ; mais rien n'y a fait. L'homme a continué
à tenir les mêmes propos, montrant
même de la satisfaction à être
entendu par le plus de gens possible. Lecture
faite de sa déposition, le témoin
déclare y persister et signe. Il termine
en requérant taxe et le juge lui accorde
20 sols. |
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Sur
quoi, c'est au tour de Jean Raymond Brumas de
comparaître. Après serment, il dit
être âgé d'environ 22 ans,
être brassier et résider à
Fabas, au quartier du Plan. Après qu'on
lui a lu la requête des plaignants, il déclare
qu'il y a environ trois ans il a entendu le sieur
Lucante — qui était venu dans la
maison de son père qui vend du vin —
dire tout haut que Me Courthiade était
un fripon, un mauvais avocat et un drôle
qui poussait les gens avec lesquels il était
en procès à le tracasser. Il l'a
aussi entendu proclamer que le sieur Antoine Dario
était un fripon, un tracassier
et un usurier. Par la suite, ledit Lucante est
revenu plusieurs fois dans la maison de son père
et y a tenu les mêmes propos ; qu'il y eût
beaucoup de monde ou seulement la famille. Enfin,
il y a quatre mois, alors qu'il revenait à
la charge, on a tenté de lui expliquer
que Me Courthiade et Antoine Dario étaient
d'honnêtes gens, qu'ils ne méritaient
pas d'être traités de la sorte, mais
il n'a rien voulu savoir, répliquant qu'ils
étaient des fripons et qu'ils voulaient
lui emporter son bien. Lecture faite
de sa déposition, le témoin déclare
y persister et signe sans requérir taxe. |
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Sur
quoi, c'est au tour de Raymond Loubens de comparaître.
Après serment, il dit être âgé
d'environ 42 ans, être bordier à
la métairie du Fond de la Serre (qui appartient
à M. d'Encausse) et résider à
Fabas. Après qu'on lui a lu la requête
des plaignants, il déclare que le jour
de la Saint-Blaise, alors qu'il se trouvait devant
l'église, il a vu le sieur Lucante en compagnie
de François Sentignan (alors "collecteur"
de la communauté). Le premier montrait
une requête qu'il avait adressée
à Monseigneur l'Intendant, mais l'autre
lui répondit qu'on ne payait pas la Capitation
avec du papier, mais avec de l'argent. Alors,
ledit Lucante a dit que les responsables de toute
cette histoire étaient ce coquinot
d'avocadot de Courthiade et ce drôle
de fadot d'Antoine Dario. Lecture faite de
sa déposition, le témoin déclare
y persister, mais, ne sachant écrire, ne
signe pas. Il termine en requérant taxe
et le juge lui accorde 15 sols. |
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Sur
quoi, c'est au tour de Joseph Dufeytte de comparaître.
Après serment, il dit être âgé
d'environ 48 ans, être ménager
de son bien et résider à Martignan.
Après qu'on lui a lu la requête des
plaignants, il déclare que le jour de la
Saint-Blaise, alors qu'il se trouvait devant l'église
après la messe, il a vu le sieur Lucante
appeler François Sentignan (alors "collecteur"
de la communauté) et lui lire une requête
dans laquelle il demandait le remboursement des
sommes qu'on avait exigées de lui au titre
de la Capitation. Il l'a aussi entendu dire que
le responsable de toute cette affaire était
le sieur Antoine Dario et que ce dernier était
un coquinot. Il ajoute qu'une autre fois,
alors qu'il venait de rencontrer ledit Lucante
en rase campagne, celui-ci lui avait parlé
de la saisie dont il avait été victime
l'année passée après son
refus de payer l'impôt. Pendant la discussion,
il n'avait fait aucun reproche au collecteur,
mais s'était plaint du coquinot d'avocadot
Courthiade et du coquinot Antoine Dario.
Toute tentative de lui faire observer que Me Courthiade
et Antoine Dario étaient — de l'avis
général — des personnes de
probité avait bien sûr été
balayée d'un revers de main et le sieur
Lucante avait réaffirmé que les
plaignants étaient des coquins et des fripons,
qu'il le prouverait, ajoutant qu'ils avaient gardé
l'argent de la pêche et des ventes de bois
de la communauté sans en rendre compte.
Lecture faite de sa déposition, le témoin
déclare y persister, mais, ne sachant écrire,
ne signe pas. Enfin, il ne requiert pas taxe. |
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synthèse
en cours de saisie... |
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