Dans
l'étude du notaire de la ville du Fousseret,
Jean Dufour, brassier, habitant de Montoussin, dicte
son testament.
Premièrement, il demande des funérailles
conformes aux usages. A cet effet, il lègue
40 livres qui devront être employées
en prières pour le repos de son âme.
Ensuite, il dit avoir été marié
à feu Françoise Collongues. De ce mariage,
quatre enfants sont vivants : Jacques (marié
à Barthélémie Rufat), Jeannette
(mariée à Bertrand Dulac), Marguerite
(mariée à Jacques Canitrot) et Paule
Dufour. Il fait d'eux ses héritiers particuliers.
Les enfants mariés n'auront rien de plus que
ce qui leur a été donné le jour
de leur mariage. Il demande que Paule soit entretenue
et nourrie par l'héritier universel qu'il va
nommer, jusqu'à ce qu'elle se marie ou qu'elle
réclame ses droits légitimaires. Moyennant
quoi, elle devra travailler au profit du foyer.
En troisième lieu, il dit être marié
à Jeanne Louise Siadoux. De ce mariage, il
a actuellement quatre enfants : Raymond, Toinette,
Bernarde et Annette. Il fait de ses trois filles ses
héritières particulières. Il
leur lègue la légitime à laquelle
elles pourraient prétendre. Si elles viennent
à se marier, il demande que leur soit donné
des meubles dotaux identiques à ceux qu'il
a donnés à ses autres filles.
En quatrième lieu, il nomme Raymond Dufour
son héritier universel. Enfin, il lègue
à Jeanne Louise Siadoux la jouissance et l'usufruit
de tous ses biens sa vie durant, et la dispense de
faire dresser un inventaire après sa mort.
Il annule tous les autres testaments ou codicilles
faits précédemment. Fait en présence
de Me Jean Laridelle (prêtre), de Vidian Miégéville
(avocat), de Jean Domejean (maréchal-ferrant),
de Guillaume Sagasan (sergeur), du sieur Benoit Lamouroux
(marchand), et du sieur Antoine Peugibet (cordonnier),
tous habitants du Fousseret, qui signent.