Svinalängorna (Le dépotoir / Beyond)

Réalisateur : Pernilla August
Année : 2010
Acteurs principaux : Noomi Rapace, Tehilla Blad, Outi Mäenpää, Ola Rapace
Éditeur : Nordisk Film (import Suède)

Image : (très) bonne
Son : très bon
Note HD :
A / B / AB / C
Suppléments : aucun
Date de sortie : juin 2011
la jaquette
 
Points forts : copie très propre ; belles couleurs ; la définition va de bonne à très bonne ; pas de postérisation ; c'est stable, pas de "mouvances" constatées. Pas de soucis côté audio. Ce n'est pas un disque qui fait penser "wow !" — d'autant que l'image présente une granulosité qui n'est plus si fréquente par les temps qui courent (actuellement, on aurait plutôt tendance à "dégrainer" à tout va —, mais le transfert offre son quota de HD, il n'y a pas tromperie sur la marchandise. Comme toujours, ce sont les gros plans — extrêmement nombreux dans le film — et les images bien éclairées qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Points faibles : il y a — ici ou là — quelques passages bien bruités (voir notamment à 21'27-44, 34'26-31... cela dit, sur 94 minutes de film, il n'y a en tout que 4'57 d'images dégradées). D'une manière générale, les séquences tournées en appartement, en basse lumière, sont à la peine. Pour le reste : image apparemment proposée au format 1.85 (non mesuré). Côté audio, il n'y a que la version originale en suédois / finnois (on parle ces deux langues dans le film). Il y a une piste en DTS HD 5.1 et une piste dolby 5.1 pour l'audio-description. Il y a des sous-titres suédois, danois, norvégiens, finnois et anglais. Pas de français. Police de sous-titrage idéalement discrète. Subtitles : swedish, danish, norwegian, finnish, english, none. (juillet 2011)

Le pour et le contre : un matin de décembre, dans un appartement du centre de la Suède, Leena et Johan se réveillent doucement. Ils sont bientôt rejoints par leurs deux filles —
Marja et Felicia — et toute la famille s'offre un moment agréable devant un petit déjeuner de la Sainte-Lucie. Mais voilà que le téléphone sonne. Leena décroche et entend une voix de femme au bout du fil, une voix qu'elle pensait avoir rayée de sa mémoire, celle de sa mère. A partir de cet instant, plus rien ne sera comme avant...

Ce film est une nouvelle variation du thème "Qui suis-je ? où vais-je ? dans quel état j'erre ?" C'est l'adaptation d'un roman —
paru en 2006 — de l'écrivaine Susanna Alakoski (née en 1962), le portrait d'une jeune immigrée finlandaise à l'enfance dévastée par l'alcoolisme de ses parents et le récit d'un douloureux travail de deuil. Pendant environ une heure et demie, on fait des aller-retour entre le temps présent et les années d'enfance. Les choses commencent par l'arrivée de la famille Moilanen dans la HLM toute belle toute propre. On voit Leena découvrir son nouvel univers, se faire de nouvelles amies, sourire aux promesses d'un avenir meilleur... Et puis, le père se remet à boire. A partir de là, tout va évidemment de Charybde en Scylla. Il y a les matins douloureux, les parents complètement abrutis par l'alcool, gisant parfois dans leur vomi ou leurs excréments. Il y a les moments de crise, les hurlements, les bagarres. Il y a surtout deux enfants — Leena et son petit frère Sakari — qui finissent par être livrés à eux-mêmes et qui, au passage, prennent parfois quelques coups. Émile Zola en Suède quoi... Je mentirais si je disais que le film révolutionne le genre. Par ailleurs, s'il donne l'occasion à Noomi Rapace — très en vogue depuis sa prestation dans la trilogie Millenium — de continuer à surfer sur son personnage de jeune femme mutique, toute en colère rentrée, il faut bien avouer que la comédienne donne souvent l'impression d'être en pilotage automatique. En fait, si le spectacle finit par nous toucher, c'est surtout grâce à la jeune Tehilla Blad — qui jouait Lisbeth Salander jeune, dans la série des Millenium —, à ses regards, à sa voix, à sa façon d'incarner cette pauvre gosse. La véritable pierre angulaire du film, c'est elle. Incidemment, le titre original n'est pas facile à rendre en français. Littéralement, le mot "Svinalängorna" désigne des loges à cochons, mais, dans l'histoire, il traduit la façon méprisante dont les Suédois désignent le quartier où sont logés les immigrés finlandais ; autrement dit "la porcherie", "le trou à rats", "le dépotoir". S'il sort un jour en France, ce film aura malheureusement droit au titre anglais "Beyond".
Disque visionné un écran LCD Sony Bravia full HD de 102 cm de diagonale.avec une Playstation 3. Distance de recul : 2,70 mètres.