Points forts : copie très propre ; belles
couleurs ; la définition va de bonne à très
bonne ; pas de postérisation ; c'est stable, pas
de "mouvances" constatées. Pas de soucis
côté audio. Ce n'est pas un disque qui fait
penser "wow !" — d'autant que l'image
présente une granulosité qui n'est plus
si fréquente par les temps qui courent (actuellement,
on aurait plutôt tendance à "dégrainer"
à tout va —, mais le transfert offre son
quota de HD, il n'y a pas tromperie sur la marchandise.
Comme toujours, ce sont les gros plans — extrêmement
nombreux dans le film — et les images bien éclairées
qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Points
faibles : il y a — ici ou là —
quelques passages bien bruités (voir notamment
à 21'27-44, 34'26-31... cela dit, sur 94 minutes
de film, il n'y a en tout que 4'57 d'images dégradées).
D'une manière générale, les séquences
tournées en appartement, en basse lumière,
sont à la peine. Pour le reste
: image apparemment proposée au format 1.85 (non
mesuré). Côté audio, il n'y a que
la version originale en suédois / finnois (on parle
ces deux langues dans le film). Il y a une piste en DTS
HD 5.1 et une piste dolby 5.1 pour l'audio-description.
Il y a des sous-titres suédois, danois, norvégiens,
finnois et anglais. Pas de français. Police de
sous-titrage idéalement discrète. Subtitles :
swedish, danish, norwegian, finnish, english, none. (juillet
2011)
Le pour et le contre
: un matin de décembre, dans un appartement du
centre de la Suède, Leena et Johan se réveillent
doucement. Ils sont bientôt rejoints par leurs deux
filles —
Marja et Felicia —
et toute la famille s'offre un moment agréable
devant un petit déjeuner de la Sainte-Lucie. Mais
voilà que le téléphone sonne. Leena
décroche et entend une voix de femme au bout du
fil, une voix qu'elle pensait avoir rayée de sa
mémoire, celle de sa mère. A partir de cet
instant, plus rien ne sera comme avant...
Ce film est une nouvelle variation du thème "Qui
suis-je ? où vais-je ? dans quel état j'erre
?" C'est l'adaptation d'un roman —
paru en 2006 —
de l'écrivaine Susanna Alakoski (née en
1962), le portrait d'une jeune immigrée finlandaise
à l'enfance dévastée par l'alcoolisme
de ses parents et le récit d'un douloureux travail
de deuil. Pendant environ une heure et demie, on fait
des aller-retour entre le temps présent et les
années d'enfance. Les choses commencent par l'arrivée
de la famille Moilanen dans la HLM toute belle toute propre.
On voit Leena découvrir son nouvel univers, se
faire de nouvelles amies, sourire aux promesses d'un avenir
meilleur... Et puis, le père se remet à
boire. A partir de là, tout va évidemment
de Charybde en Scylla. Il y a les matins douloureux, les
parents complètement abrutis par l'alcool, gisant
parfois dans leur vomi ou leurs excréments. Il
y a les moments de crise, les hurlements, les bagarres.
Il y a surtout deux enfants — Leena et son petit
frère Sakari — qui finissent par être
livrés à eux-mêmes et qui, au passage,
prennent parfois quelques coups. Émile Zola en
Suède quoi... Je mentirais si je disais que le
film révolutionne le genre. Par ailleurs, s'il
donne l'occasion à Noomi Rapace —
très en vogue depuis sa prestation dans la trilogie
Millenium — de continuer à surfer sur son
personnage de jeune femme mutique, toute en colère
rentrée, il faut bien avouer que la comédienne
donne souvent l'impression d'être en pilotage automatique.
En fait, si le spectacle finit par nous toucher, c'est
surtout grâce à la jeune Tehilla Blad —
qui jouait Lisbeth Salander jeune, dans la série
des Millenium —, à
ses regards, à sa voix, à sa façon
d'incarner cette pauvre gosse. La véritable pierre
angulaire du film, c'est elle. Incidemment, le titre original
n'est pas facile à rendre en français. Littéralement,
le mot "Svinalängorna" désigne des
loges à cochons, mais, dans l'histoire, il traduit
la façon méprisante dont les Suédois
désignent le quartier où sont logés
les immigrés finlandais ; autrement dit "la
porcherie", "le trou à rats", "le
dépotoir". S'il sort un jour en France, ce
film aura malheureusement droit au titre anglais "Beyond". |