Fabas - 14 juillet 1722
dégâts provoqués par un orage de grêle

Jean Lalubie, notaire de L'Isle-en-Dodon, et le sieur Autefage, consul régent de Gassac*, sont requis par le syndic des dames religieuses de l'abbaye de Fabas de dresser un état des dégâts occasionnés le 7 juillet par un orage de grêle.

Les deux hommes se rendent sur place et visitent en premier lieu les métairies de Saint-Jean, Augueres, Bordeneuve et Magneules. Ils constatent que les toits couverts de tuiles creuses ont été si fort fracassés que c'est à peine s'il reste une tuile entière. Les récoltes ont été emportées. Le foin qui était encore à sécher dans les prés a été mis en poudre et les arbres ont été ébranchés et abattus. Des témoins résidant près de l'abbaye, déclarent que les grêlons étaient pour le plus grand nombre d'un poids de quatre livres.

Après quoi, les deux hommes se rendent à l'abbaye. La dame abbesse leur fait ouvrir les portes et leur fait visiter les lieux. Le couvent de l'église est entièrement ravagé au point qu'il n'est plus possible d'y habiter sans procéder à d'importantes réparations. Le cloître a perdu son plafond, les chevrons et les lattes sont si pourris et gâtés qu'ils doivent être changés. En parcourant le reste de l'établissement, il est constaté qu'un grand nombre de travaux doit être entrepris. Un grand corps de maison n'a plus que ses quatre murs, dans l'église et dans les autres corps de logis, tout le vitrage a été brisé. Enfin, la flèche du clocher a également été emportée.

Les deux hommes constatent que tous les habitants de Fabas et de Saint-Pé d'Arès ont eu à souffrir de cet « accident effroyable ». Ils estiment qu'il faudra remplacer au moins 50.000 tuiles. Certifié par Jean Palissard, conseiller du roi au siège de L'Isle-en-Dodon, le 18 juillet 1722. Collationné par le greffier de la Maîtrise des Eaux et Forêts de Comminges d'après l'original présenté par le syndic de l'abbaye le 21 juillet 1722.
* Agassac sans doute.

(ADHG 8B 680 Eaux & Forêts de Saint-Gaudens - feuillets volants)