Jean
Lalubie, notaire de L'Isle-en-Dodon, et le sieur Autefage,
consul régent de Gassac*, sont requis par le
syndic des dames religieuses de l'abbaye de Fabas
de dresser un état des dégâts
occasionnés le 7 juillet par un orage de grêle.
Les deux hommes se rendent sur place et visitent en
premier lieu les métairies de Saint-Jean, Augueres,
Bordeneuve et Magneules. Ils constatent que les toits
couverts de tuiles creuses ont été si
fort fracassés que c'est à peine s'il
reste une tuile entière. Les récoltes
ont été emportées. Le foin qui
était encore à sécher dans les
prés a été mis en poudre et les
arbres ont été ébranchés
et abattus. Des témoins résidant près
de l'abbaye, déclarent que les grêlons
étaient pour le plus grand nombre d'un poids
de quatre livres.
Après quoi, les deux hommes se rendent à
l'abbaye. La dame abbesse leur fait ouvrir les portes
et leur fait visiter les lieux. Le couvent de l'église
est entièrement ravagé au point qu'il
n'est plus possible d'y habiter sans procéder
à d'importantes réparations. Le cloître
a perdu son plafond, les chevrons et les lattes sont
si pourris et gâtés qu'ils doivent être
changés. En parcourant le reste de l'établissement,
il est constaté qu'un grand nombre de travaux
doit être entrepris. Un grand corps de maison
n'a plus que ses quatre murs, dans l'église
et dans les autres corps de logis, tout le vitrage
a été brisé. Enfin, la flèche
du clocher a également été emportée.
Les deux hommes constatent que tous les habitants
de Fabas et de Saint-Pé d'Arès ont eu
à souffrir de cet « accident effroyable
». Ils estiment qu'il faudra remplacer au moins
50.000 tuiles. Certifié par Jean Palissard,
conseiller du roi au siège de L'Isle-en-Dodon,
le 18 juillet 1722. Collationné par le greffier
de la Maîtrise des Eaux et Forêts de Comminges
d'après l'original présenté par
le syndic de l'abbaye le 21 juillet 1722.