A
Fabas, pendant les journées du 19 au 21 février
1790, le maire — Jean Louis Dario — procède
à une visite de l'abbaye, en compagnie des
officiers municipaux et du procureur de la commune.
Il y fait l'inventaire des biens meubles et immeubles,
des revenus et des charges, et recense les personnes
qui y vivent.
Dans cette abbaye, il y a l'abbesse, 10 religieuses,
3 soeurs converses, 6 filles de service, un aumônier,
un domestique à son service, un jardinier,
un garde, un homme "d'affaires" et quatre
domestiques s'occupant à travailler la terre*.
Parmi les religieuses, on compte une jeune femme d'environ
24 ans, sept moniales âgées de 40 à
55 ans et deux doyennes d'un âge avancé
(l'une aveugle, l'autre infirme). Deux soeurs converses
et une fille de service sont également très
âgées et valétudinaires (la fille
de service est gardée dans "un esprit
de charité").
Les appartements de l'abbesse se trouvent à
l'étage. Ils sont composés d'une chambre,
d'une petite pièce (orientée à
l'Ouest), d'un cabinet (orienté au Sud), d'un
petit local pour la fille de service. Dans la chambre,
il y a un lit, une commode, une cheminée, des
rideaux de toile aux fenêtres. Dans la petite
pièce, il y a un petit secrétaire, une
chaise paillée, une cheminée. Dans le
cabinet, il y a un prie-Dieu, une commode surmontée
de tablettes (le tout faisant office d'armoire), une
table, quatre chaises paillées, quelques livres
de dévotion. Dans la pièce de la domestique,
il y a un lit et une chaise.
Au nord des appartements de l'abbesse se trouve un
petit salon tapissé de satinade ordinaire,
avec des rideaux de toile quadrillées aux fenêtres.
On y trouve : 12 cabriolets à moquette [fauteuils
légers à dossier cintré], 4 chaises
paillées, 3 fauteuils destinés à
l'église, une petite table et une cheminée.
Cette pièce est prolongée par un autre
salon destiné à la communauté.
Il est tapissé d'une vieille satinade ordinaire,
ses fenêtres sont garnies de rideaux en toile
et il contient : 2 vieux sofas, un vieux fauteuil,
2 tables, 24 chaises paillées et une cheminée.
A gauche du salon (au couchant) se trouve un cellier
où sont rangés :
- 18 couverts d'argent,
- 6 cuillers à ragoût
- 12 cuillers à café en argent
- 1 petit cabaret [plateau de table] de tôle
peint
- 12 tasses avec leurs soucoupes
- 1 moulin à café
- 1 sucrier en faïence
- des huiliers
- 1 moutardier de verre façon cristal
- 4 bocaux en verre façon cristal
A droite du salon (au levant) se trouve un parloir
qui donne dans le couloir. On y trouve une petite
table de marbre, 6 vieilles dauphines, une grille
en bois. A l'extérieur du parloir, il y a une
armoire servant de buffet.
Au rez-de-chaussée, sous les appartements de
l'abbesse, il y a une salle servant d'office. On y
trouve de vieilles armoires où sont rangés
les réserves de sel (les salaisons ?), les
graisses et les provisions de comestibles. On y trouve
aussi :
- 10 vieux chandeliers de laiton ou étain
- 2 paires de mouchettes
- 30 paires de draps usagés
- 30 douzaines de serviettes (4 en bon état,
le reste usagé)
- plusieurs vieux torchons de cuisine
- des jattes
- des plats de faïence grise et blanche
- des assiettes de faïence grise et blanche
- des pots de terre
- des plats de terre
- des assiettes de terre
- des gobelets
- des bouteilles
On trouve ensuite une cuisine avec sa cheminée.
Elle renferme :
- 1 roue à rôtir à ressort (avec
sa chaîne)
- 2 broches de fer (une grande, une toute petite)
- 6 casseroles de cuivre
- 6 chaudrons
- 4 poêles à frire
- 2 poêlons
- 4 tourtières
- 1 feuille
- 1 four de campagne
- 1 poissonnière
- 1 vieille et grande table de cuisine
- des bancs de chaque côté
- 1 petite et vieille table
- quelques vieilles armoires
- 3 grils
- 1 passoire
- 2 cuillers à pot
- 1 cruchet
- 10 mauvais essuie-mains
- 2 pots de fer
- 5 vieilles cuillers d'étain
- 5 fourchettes de fer
- 2 cuillers à soupe
- 12 plats d'étain
- 6 mauvaises chaises paillées
- quelques plats de terre
- quelques assiettes de terre
Attenant à la cuisine, il y a un réduit
où est stocké le charbon. Il y a également
un local où sont logées la cuisinière
et les filles de services. On y trouve deux lits et
trois mauvaises chaises.
Dans la cave, il y a :
- 4 grandes barriques de char en bon état
- 25 barriques de demi-char en bon état
- quelques barriques hors d'usage
La plupart des barriques sont vides. Quelques-unes
contiennent la provision de vin pour la maison.
Au nord de la cave, il y a une cour avec un hangar
où l'on stocke le bois à brûler.
Il y a aussi une volière, un parc à
cochons et un logement pour la domestique qui travaille
là.
Il y a ensuite un porche servant de vestibule. Il
est surmonté d'une pigeonnière.
En continuant vers le nord, on trouve ensuite un grand
vestibule qui sert d'atelier. Sous le plancher de
ce vestibule, il y a un tinal [cellier] renfermant
:
- 3 cuves
- 1 tonneau
- 2 petits cuviers
- 24 comportes [cuves en bois] en bon état
A droite (au levant) du bâtiment abbatial se
trouve un parterre. Au nord de ce parterre, il y a
la porte d'entrée qui est flanquée —
à l'extérieur — d'un parloir,
avec un banc, un tour [boîte cylindrique encastrée
dans le mur et tournant sur un pivot] et une grille
en fer. Au sud, il y a un puits à levier. A
l'est, il y a une porte qui conduit au jardin. Il
y a aussi une porte qui donne sur le cloître.
A côté de cette porte, au sud, il y a
une petite chambre pour la portière.
On trouve ensuite une fournière [un fournil]
contenant : un four, un pétrin. Il y a aussi
deux cuviers pour laver le linge. Enfin, sur la droite,
se trouve l'appartement des soeurs converses et les
latrines de la communauté.
Au sud du cloître, il y a la cuisine de la communauté.
Elle renferme :
- une cheminée
- une roue en bois avec sa chaîne en fer
- un grand pot à soupe en fer
- une grande broche
- plusieurs petits pots de terre
- un cruchet avec des cruches à lait
- une grande et vieille table de cuisine
- des plats de terre
- des assiettes de terre
Après la cuisine, on entre dans le réfectoire.
On y trouve :
- deux longues tables
- deux bancs
- une petite chaise pour la lecture
- une petite armoire pour les bouteilles et les gobelets
Viennent ensuite les greniers, au même niveau.
On y garde les grains pour l'usage de la maison, une
mesure pour mesurer les grains et 24 sacs de toile
(?).
A l'étage de ce corps de bâtiment, on
trouve le dortoir des religieuses, soit : 25 chambres
non habitées, sans meubles, et 10 chambres
occupées. Dans chacune d'elles, on a : un petit
lit garni, 6 chaises paillées, une petite table,
une petite armoire, un prie-Dieu, quelques serviettes
et une cheminée.
Le couloir qui traverse cette partie de l'abbaye conduit
à une cage d'escalier où se trouve une
pendule en fer et une porte donnant accès au
clocher. Là, il y a deux petites cloches sur
l'une desquelles frappe l'horloge. Au milieu du couloir
se trouvent deux armoires. L'une contient les ornements
de la sacristie, l'autre tous les papiers, titres
et documents de la maison, bien cotés et rangés
par liasses, ainsi qu'un répertoire relié
en basane (dans lequel un archiviste a fait l'inventaire
de tous les actes).
Au nord du dortoir des religieuses, il y a une cour
où l'on met le bois qui sert à leur
chauffage. Il y a aussi un lavoir couvert.
A l'ouest de l'église, il y a une autre basse-cour.
Sur la gauche se trouve l'hospice. Au rez-de-chaussée,
il comporte un vestibule, une cage d'escalier, deux
chambres et trois petites pièces. Dans la première
chambre, il y a un lit de maître, une commode,
une table, 6 chaises paillées et une cheminée.
Dans les deux pièces qui suivent, on trouve
un lit, une petite table, deux chaises (dans la première)
et un autre un lit (dans la seconde). Dans l'autre
chambre, il y a deux lits de maître, une table,
deux chevets de fer, une pelle, un fauteuil, une tapisserie
de laine en mauvais état et 6 chaises paillées.
Dans la petite pièce qui suit, il y a deux
lits et deux chaises paillées. Toutes les fenêtres
sont garnies de rideaux de toile.
Dans la cage d'escalier, on trouve d'abord une porte
qui donne sur les latrines. A l'étage, il y
a quatre chambres, deux pièces plus petites
et un cabinet. Du côté nord, les chambres
renferment chacune, un lit de maître, une table,
une armoire, un fauteuil, trois chaises paillées
et une cheminée ; le tout à l'usage
de l'aumônier. Du côté sud, elles
renferment un lit de maître, une petite armoire,
6 chaises paillées et une cheminée.
Dans chacune des petites pièces, il y a un
lit.
A côté de l'hospice, et au bout de l'espace
qui le précède, il y a une remise où
l'on garde le bois à brûler. Il y a aussi
un local — au rez-de-chaussée —
contenant une vieille table, deux lits, deux mauvaises
armoires et un banquet ; le tout à l'usage
de l'homme "d'affaires" et du garde.
D'un côté de la cour, il y a une fontaine
avec une auge en pierre. De l'autre, il y a un petit
logement pour le jardinier. Il contient un lit, une
mauvaise table et une vieille armoire. Les outils
nécessaires au jardinage — et à
l'entretien des quelques 600 pieds d'arbres du verger
— y sont également rangés.
La réserve
L'abbaye possède un "labourage" —
terres labourables, prés et vignes —
qu'elle fait travailler par des domestiques à
gages. La superficie de ce "labourage" est
de 78 cétérées [44,38 hectares]
et son revenu est de 1.000 livres par an.
Au nord du chemin qui sépare l'abbaye d'une
partie du "labourage", il y a un terrain
qui sert au dépiquage du grain. A côté,
il y a une grange de belle taille, en bois, avec un
toit de tuiles canal. On y range les fourrages, la
paille, le foin.
Au nord-est de la grange, il y a un logement où
sont rangés tous les outils aratoires nécessaires
à l'exploitation du "labourage" :
- 4 charrettes à quatre roues (dont une hors
d'usage)
- 4 charrues ferrées
- 4 jougs
- 4 paires de chevilles (?) pour les charrettes
- 5 jougs pour les charrues
- 2 pelles en fer
- 5 bêches ou houes
- 3 haches
- 3 faux
- 1 fer volant [sorte de faucille]
- 4 tarières
- 1 cabucho [ustensile permettant de mesurer les capacités
en grain ?]
- 1 fer valet
- 1 banc de menuisier
- quelques planches
Après quoi, viennent deux écuries (une
pour les visiteurs, l'autre pour l'usage de la maison),
une étable, un parc à cochons et une
loge pour les brebis.
Dans les écuries, il y a trois juments (deux
vieilles et une jeune) et un vieux mulet. Il y a aussi
une selle et un harnais en bon état, une selle
plus vieille, une vieille aubarde [barde], un bât
et un collier pour le tirage. On y trouve aussi trois
couches pour les domestiques.
Aux deux extrémités des écuries,
il y a deux pigeonnières.
Dans l'étable, il y a 14 bestiaux — 15
si l'on compte un petit veau — servant à
l'engrais et à la culture du "labourage"
: 4 boeufs, 6 vaches (dont 2 vieilles), 4 génisses
et un veau.
Sur les dépendances du "labourage",
il y a également une tuillerie qui ne sert
que pour l'abbaye et — du côté
ouest — un petit logement séparé.
Enfin, l'abbaye possède une forêt d'une
superficie de 435 cétérées [247,52
hectares] qui — abstraction faite du bois consommé
par les religieuses — rapporte annuellement
700 à 800 livres.
Les métairies,
les bois, les moulins
L'abbaye possède en outre :
- 4 métairies à Fabas (Saint-Jean, Hauguères,
Bordeneuve, Magneulles)
- 1 métairie à Lilhac
- 1 bois à Lilhac (bois de Pinsois)
- 2 métairies à Lussan
- 1 moulin à eau à Lussan
- 1 bois à Lussan
- 1 métairie à Anan
- 1 moulin à eau à Anan
Les quatre métairies de Fabas — terres
labourables, prés, vignes, bois, bouscarres
[bois taillis] et terres incultes — couvrent
une superficie de 247 cétérées
4 mesures 2 boisseaux [141,17 hectares] et peuvent
rapporter annuellement 1.492 livres. A la métairie
de Saint-Jean, il y a 10 têtes de bétail
à cornes, une jument, 10 brebis, 3 cochons.
A la métairie d'Hauguères, il y a 8
têtes de bétail à cornes, 20 brebis
ou moutons, 3 cochons. A la métairie de Bordeneuve,
il y a 15 têtes de bétail à cornes,
37 brebis ou moutons, 6 cochons. A la métairie
de Magneulles, il y a 6 têtes de bétail
à cornes, 9 brebis ou moutons.
La métairie de Lilhac — terres labourables,
prés, terres incultes et bousigues [broussailles]
— couvre une superficie de 89 cétérées
7 mesures 3 boisseaux [51,3 hectares] et rapporte
chaque année 500 livres, 8 oies, 12 chapons,
12 poulardes, 12 poulets, 12 douzaines d'oeufs et
un pan de sucre. Les bestiaux qui s'y trouvent, les
2 truies et la cochonne représentent un
capital de 466 livres.
A Lilhac, Le bois dit "de Pinsois" couvre
une superficie de 84 cétérées
7 mesures 1 boisseau [48,41 hectares]. Les habitants
de Lilhac y faisant paître leur bétail,
il rapporte annuellement la somme de 150 livres.
Les deux métairies de Lussan — terres
labourables, prés, vignes, terres incultes
et les bâtiments pour les bordiers [métayers]
— couvrent une superficie de 135 cétérées
4 mesures 2 boisseaux [77,3 hectares]. On y trouve
un cheptel d'une valeur de 1.341 livres 10 sols et
elles rapportent annuellement 1.440 livres, 20 mesures
de vin, 72 chapons, 60 poulardes, 60 poulets, 12 oies,
36 livres en argent pour un cochon, 2 livres de poivre
blanc, 2 livres de cire jaune, 12 livres de sucre
fin et 630 livres de fruits décimaux.
Le moulin à eau de Lussan — sur la Louge
—, son pré et ses terres labourables
couvrent une superficie de 5 cétérées
2 mesures [2,99 hectares]. Ils rapportent annuellement
280 livres, 12 poulets, 12 poules, 12 chapons
et 6 oies.
Les métayers de Lussan ont aussi l'usage d'un
bois qui appartient à l'abbaye — ils
y prélèvent le bois dont ils ont besoin
et y font paître leurs animaux —, mais
rien n'est dit de sa superficie.
La métairie d'Anan — terres labourables,
prés, bois — couvre une superficie de
76 cétérées 5 mesures 1
boisseau [43,71 hectares] et rapporte annuellement
600 livres. Elle contient 11 têtes de bétail
à cornes, 17 brebis, 1 truie et 2 cochons.
Le moulin à eau d'Anan — sur la Save
—, son jardin, ses terres labourable et ses
bousigues [broussailles] couvrent 6 cétérées
5 mesures 2 boisseau [3,81 hectares]. Ils rapportent
800 livres, 12 oies et un pan de sucre fin.
Les dîmes, les
rentes, les droits seigneuriaux...
L'abbesse est seigneuresse de Fabas, Lussan, Anan
et Lilhac, en paréage [à égalité
de droit] avec le roi***.
A Fabas, l'abbesse perçoit une rente foncière
de 4 sacs de blé (pour une valeur de 32 livres)
et trois rentes foncières en argent (pour une
valeur de 12 livres) et en nature (une paire de chapons).
A Fabas, l'abbesse perçoit la dîme à
la cote 10 pour le blé, les fèves, le
gros millet, la paumelle [sorte d'orge], l'avoine,
l'orge, le lin et les vendanges ; soit 9 portions
sur 16. Sur les 7 portions restantes, 4 portions reviennent
au curé de Fabas (avec l'intégralité
de la dîme du foin) et 3 appartiennent au chapitre
de Saint-Gaudens et à l'archidiacre de Bourjac.
L'abbesse ne paie pas de dîme, elle la retient
sur les revenus du "labourage" de l'abbaye
et sur ceux des métairies de Saint-Jean, Hauguères
et Bordeneuve. Le montant des dîmes affermées
est de 580 livres en argent, 12 chapons et 12 livres
de sucre fin. Le montant des dîmes réservées
est de 400 livres.
Sur les fiefs de Fabas, Manan, Martignan et une partie
de Saint-Pé d'Arès, l'abbesse perçoit
6 deniers de droits seigneuriaux par cétérée.
Elle perçoit également sur la métairie
de Cazeneuve un droit de quête consistant en
3 mesures de blé et 3 mesures d'avoine.
A Saint-Pé d'Arès, l'abbesse perçoit
les trois quarts de la dîme, soit un revenu
de 1.040 livres. Le quart restant (avec la dîme
du four) revient au curé de St-Pé.
A Lilhac, les habitants qui font paître leurs
animaux dans le bois de Pinsois — bois qui est
exempt de dîme — acquittent un droit de
quête en avoine. Ce droit est affermé
pour 150 livres.
A Lussan, l'abbesse perçoit la dîme à
la cote 10. Sa part du dîmaire est de 5/18e
et les fruits décimaux se montent à
630 livres. Il y a par ailleurs un bois inféodé
sous une albergue [droit de gîte] de 20 sols,
mais ce droit n'est pas payé.
Dans un quartier de Samouilhan, l'abbesse perçoit
également quelques dîmes et droits seigneuriaux
qui ne sont pas énumérés.
A Anan, l'abbesse perçoit la dîme de
la métairie qui appartient à l'abbaye.
Dans la même paroisse, elle a un droit de quête
en argent, blé et millet, pour un montant annuel
de 300 livres qu'on refuse de lui payer.
A Montégut-Bourjac, l'abbesse perçoit
10 dîmes affermées pour un montant de
950 livres en argent et 10 livres de sucre fin.
A Éoux, l'abbesse perçoit certaines
dîmes à la cote 10, affermée pour
un montant de 450 livres.
A Saint-Frajou, l'abbesse bénéficie
d'une "directe" qui lui permet de toucher
les lods et ventes [taxe seigneuriale prélevée
à chaque fois qu'une censive est vendue] au
1/12e. Elle perçoit également les lods
et ventes — au 1/24e — à Anan et
Lilhac. Ces revenus ne sont pas réguliers,
mais peuvent rapporter annuellement la somme de 120
livres.
A Martres-Tolosane, l'abbesse bénéficie
également d'une "directe", mais elle
ne lui rapporte rien.
Charges de l'abbaye
Les 29 personnes (20 femmes, 9 hommes) demeurant à
l'abbaye sont entretenues avec les revenus énumérés
précédemment. A cela, il faut ajouter
les frais vestimentaires et les gages des domestiques,
soit une dépense annuelle de 970 livres.
L'abbaye verse également :
- 620 livres pour l'impôt et l'entretien de
l'église de Fabas
- 20 livres pour l'entretien de l'église de
Saint-Pé d'Arès
- 234 livres pour l'impôt royal à Lilhac
- 232 livres pour l'impôt royal, l'entretien
de l'église et l'entretien du moulin de Lussan
- 463 livres pour l'impôt royal et l'entretien
du moulin d'Anan
- 23 livres pour l'entretien des églises de
Samouilhan et Montégut-Bourjac
- 800 livres d'aumônes à Fabas, St-Pé
d'Arès, Montégut, Lussan, Éoux
et Samouilhan
- 510 livres 18 sols pour les décimes de Comminges
- 130 livres 7 sols 6 deniers pour les décimes
de Lombèz
- 69 livres 6 sols 8 deniers pour St-Cir (?) [maison
royale de Saint-Louis ?]
- 150 livres pour l'imposition de l'ordre et le droit
de visite
- 60 livres pour le droit d'albergue due au roi à
Anan
- 25 livres pour la portion congrue de Lussan.
A la fin de l'inventaire, le maire déclare
que le document sera affiché à la porte
des églises de chaque paroisse où l'abbaye
possède des biens. Il ajoute que l'abbesse
s'est chargée d'en envoyer une copie à
l'Assemblée nationale.