Le
10 avril 1722, à Fabas, dans la maison du sieur
Jean Courtiade (bourgeois), Vincent Duclos (curé
de Fabas) et Jean Castres (prêtre obituaire
de Fabas), consentent à un transfert d’obits
de Jean Courtiade à Pierre Cazac (fils de feu
Jean Cazac, notaire de Cazac, juridiction de Labastide-Paumès).
Au préalable, le notaire procède à
un long historique et déclare :
1) que Jean Fouré, prêtre de Fabas, avait
fondé 4 obits en faveur des prêtres de
Fabas par son testament du 26 août 1565 (reçu
par Fourment, notaire de Fabas) ; que Pierre Fouré,
héritier de Jean Fouré, s’était
déchargé ensuite de 3 obits en versant
la somme de 36 écus petits à Raymond
Courtiade (de Cadours) ; que Raymond Courtiade avait
affermé une métairie dite « du
Vignau » (au quartier de Manan) et d’autres
biens pour assurer la rétribution desdits obits
; qu’un autre Raymond Courtiade, curé
de Fabas, avait hérité ultérieurement
de la métairie « du Vignau » et
qu’il s’était déchargé
d’un obit en reversant 12 écus petit
à Pierre Fouré (suivant un acte reçu
par Me Descadeilhas le 5 janvier 1628) ; que, suivant
un acte de reconnaissance du 21 novembre 1715, un
demi obit était rétribué par
les fruits d’une vigne dite « de Rouisseau
», laquelle était possédée
en 1722 par Jean Cugieux et Jeannette Courtiade (mariés)
; que Jean Courtiade, héritier de Raymond Courtiade
(curé), souhaiterait se décharger des
deux obits restants ;
2) que Bernard Sarrecave avait fondé 6 obits
par son testament du 18 juillet 1548 (reçu
par St-Laurent) ; qu’il avait affermé
sa métairie de Manan pour assurer la rétribution
de deux d’entre eux, sa métairie de derrière
le château de Fabas pour deux autres, et sa
métairie de Martignan pour les deux derniers
; qu’il avait marié sa fille Domenge
à Pierre Ravilhac ; que Domenge avait mis au
monde Pierre, François et Brune Ravilhac ;
que Brune Ravilhac, épouse de Pierre Villepigue
(de L’Isle-en-Dodon), avait hérité
des biens de son grand-père maternel ; qu’un
tiers des obits de la métairie de derrière
le château avait été affermé
à Barthélemy Dario, curé de Saint-Pé
d’Arès, par contrat du 3 janvier 1589
(reçu par Fourment) ; que les deux autres tiers
passèrent à Pierre Dario (de «
la Couau ») par un acte de vente du 27 février
1590 (reçu par Fourment) ; que le tiers de
Barthélemy Dario était passé
à Jean Courtiade ; que les deux tiers de Pierre
Dario étaient passés au sieur Jean Pierre
de Lucante ; que les deux obits rétribués
par la métairie de Manan étaient à
la charge des héritiers de Jean et Louis Sarrecave
; que par contrat du 25 mai 1561 (reçu par
Fourment) les deux obits rétribués par
la métairie de Martignan avait été
transférés sur une vigne dite «
la Jacquette » ; que cette vigne appartenait
à Arnaud et Jean Bergoignan (curé de
Lussan) ; que Jean Bergoignan s’était
ensuite déchargé des deux obits sur
Me Adrian de Benque (curé de Fabas) ; que par
contrat du 1er février 1584 (reçu par
Laborie) Adrian de Benque avait transféré
les obits de la vigne de « la Jaquette »
sur sa vigne de « las preses » ; que par
son testament du 1er décembre 1595, Adrian
de Benque avait légué la vigne de «
las preses » aux dames religieuses de Fabas
; que par contrat du 19 mai 1603 (reçu par
Descadeilhas), cette vigne avait été
vendue au sieur Lucante ; que le sieur Lucante avait
transféré les obits sur une vigne dite
« à Lagouau » ; que par contrat
du 12 mars 1615 (reçu par Descadeilhas), la
vigne était passée à Jean Dario,
chirurgien ; que par contrat du 12 mai 1660 (reçu
par Descadeilhas), Raymond Dario (chirurgien, fils
de Jean) avait remis la vigne à Bertrand Courtiade,
curé de Fabas ;
3) qu’Arnaud Say avait fondé 1 obit par
son testament du 9 octobre 1568 ; que cet obit était
rétribué par une vigne située
à Fabas, au quartier de Nouilhan ; que par
contrat du 3 avril 1599 (reçu par De Recurt),
Arnaud Say avait vendu cette vigne à Guillaume
Maubareyt ; que cette vigne avait été
déchargée de l’obit et que, dans
un testament ultérieur, Arnaud Say avait fondé
un autre obit rétribué sur d’autres
biens ; que par son testament du 31 août 1638,
Raymond Courtiade, curé de Fabas et ascendant
de Jean Courtiade, avait fondé 1 obit sur la
vigne du quartier de Nouilhan ; qu’en 1722,
cette vigne était possédée par
Jean Courtiade ;
4) que Guillaume Maubareyt, par son testament du 17
janvier 1607, avait fondé 1 obit sur une maison
située à Fabas.
Après quoi, le notaire en vient au sujet du
litige. Il déclare que Vincent Duclos et Jean
Castres considèrent que Jean Courtiade est
responsable de l’obit fondé par Guillaume
Maubareyt ainsi que d’1/6e d’obit fondé
par un certain Huguet Labat. Ce à quoi Jean
Courtiade oppose qu’il n’est pas en possession
de la maison de Guillaume Maubareyt, que, par un acte
du 15 avril 1607, ce dernier avait vendu la maison
et une vigne située au quartier de Nouilhan
à Arnaud Say et qu’il ne possède
aucun bien dudit Arnaud. Il ajoute par ailleurs, qu’il
ne possède aucun bien issu d’Huguet Labat.
Sur quoi il produit une quittance écrite et
signée de Me Teulé, curé de Saint-Pé
d’Arès, affirmant que ses ascendants,
les sieurs Ferriol et Lucian Courtiade, s’étaient
parfaitement acquittés des charges obituaires
qui pesaient sur eux. Il déclare n’être
responsable que des deux obits rétribués
par la métairie du Vignau, d’un tiers
d’obit sur la métairie de derrière
le château, et de l’obit fondé
par Raymond Courtiade sur la vigne de la Houque au
parsan de Nouilhan.
Le notaire poursuit en rappelant qu'en 1679, alors
que Jean Courtiade était encore mineur et orphelin,
ses tuteurs avaient consenti une nouvelle reconnaissance
des susdits obits en faveur de Jean Cugno qui venait
d'être nommé curé de Fabas, et,
qu'à cet effet, des terrains avaient été
baillés pour leur rétribution par actes
des 29 mai 1690, 23 février, 16 mai et 4 août
1692, et 12 mai 1694 (reçus par Descadeilhas)
; qu'une fois devenu majeur, Jean Courtiade avait
demandé la cassation de ces actes ; qu'il avait
assigné en justice Vincent Duclos (curé,
successeur de Jean Cugno) et le sieur Jean Pierre
de Lucante (pour les 2/3 d'obits fondés sur
la métairie de derrière le château)
; que, de son côté, Vincent Duclos avait
assigné Jean Lafont, héritier de Pierre
Fouré, pour le voir condamner à payer
la rente de l'obit que Pierre Lafont, son ascendant,
avait repris par acte du 5 janvier 1628 ; que Jean
Courtiade avait ensuite proposé de se décharger
des 2 obits de la métairie du Vignau, de l'obit
de la métairie de derrière le château
et de l'obit fondé par Raymond Courtiade (curé
de Fabas) dans son testament du 31 août 1638
contre une somme de 64 écus petits ; que Vincent
Duclos avait refusé ; que, de son côté,
Jean Lafont avait objecté qu'il n'était
pas héritier de Pierre Lafont, qu'il ne possédait
les biens que suite à une transaction effectué
par sa défunte mère.
En fin de compte, et afin d'éviter davantage
de frais dans un procès, les parties avaient
convenu, sur l'avis de deux avocats du parlement de
Toulouse, de transférer les biens obituaires
au sieur Pierre Cazac (fils de feu Jean Cazac, notaire
de Cazac, juridiction de Labastide-Paumès)
qui se chargerait, à l'avenir d'en payer les
rentes au denier 18. Les parties ont également
convenu qu'en attendant de savoir si la maison affectée
à l'obit fondé par Guillaume Maubareyt,
était ou non en possession de Jean Courtiade,
celui-ci la baillerait à Pierre Cazac ; que
s'il s'avérait par la suite que cette maison
n'était pas celle de Guillaume Maubareyt, l'obit
serait fait alors au profit de Jean Courtiade, de
ses ascendants et de sa femme. De même, il a
été admis que Jean Courtiade n'aurait
pas à assurer la rente de l'obit fondé
par feu Huguet Labat, ni celle des deux obits fondés
par feu Bernard Sarrecave sur la vigne de "la
Jacquette" (car l'acte du 1er février
1584 l'en avait affranchi), ni celle reconnu le 21
novembre 1715 par Jean Cugieux, ni celle demandée
à Jean Lafont.
Le 10 avril 1722, il est donc décidé
que Jean Courtiade sera déchargé de
tous les obits cités précédemment.
En contrepartie, il a versé au sieur Pierre
Cazac les sommes de : 24 écus petits (32 livres
8 sols) pour les 2 obits de la métairie de
Vignau ; 16 écus petits (21 livres 12 sols)
pour l'obit fondé par feu Raymond Courtiade
; 24 écus petits pour les deux obits de la
métairie de derrière le château
; 12 écus petits (16 livres 8 sols) pour l'obit
fondé par Guillaume Maubareyt. De même,
Louis Lafont (fils de Jean, laboureur) a versé
12 écus petits (16 livres 4 sols) pour l'obit
repris par son aïeul Pierre Lafont. La somme
totale de 118 livres 16 sols a été remises
sous la forme de 4 écus de 7 livres 10 sols
pièce, 2 demi écus et 3 livres, 15 pièces
de 50 sols, et 25 sols marqués en liards. Après
quoi, Pierre Cazac s'est engagé à payer
les rentes obituaires annuellement, à la Toussaint.
Il a déclaré avoir affecté 4
mesures de pré situées à Labastide-Paumès
(au quartier de las Barres de Rému) pour assurer
la rétribution de ces rentes.
Fait en présence de Bertrand et Gaudens Ducassé,
frères, de Fabas, qui ont signé avec
toutes les parties, à l'exception de Louis
Lafont.