Le pour
et le contre : Parce qu'elle a donné des
coups de ciseaux à son compagnon infidèle,
Sandra est mise sous probation et condamnée à
l'éloignement. Elle se retrouve dans une petite
ville, à travailler au tri de vêtements usagés
pour une chaîne de magasins appartenant à
l'Armée du Salut, et, dans l'immeuble en réfection
où on lui a trouvé un studio, elle finit
par faire la connaissance de Lilly, une vieille dame d'environ
70 ans qui vit dans le souvenir d'un amour de jeunesse.
Les jours passent, les deux voisines deviennent de plus
en plus intimes, les langues se délient, des secrets
refont surface. Au dehors, les murs retrouvent doucement
une seconde jeunesse. Au dedans, Sandra se décrispe
lentement et finit par se laisser approcher par un des
maçons polonais...
On l'aura compris, il s'agit là d'un film dans
la veine "Qui suis-je, où vais-je, dans quel
état j'erre ?". Rien de bien nouveau sous
les lambris, rien de déplaisant non plus ; et si
les enjeux ne sont pas "considérables"
— on n'est pas là pour sauver le Monde —,
les amateurs y trouveront sûrement leur compte (avec
un supplément d'exotisme pour les non-scandinaves).
Il faut savoir aussi qu'il s'agit du dernier film en date
de Tuva Novotny-Hedström, la jeune coqueluche du
moment dans le cinéma suédois. Ici, on la
retrouve en "oiseau blessé", en colère,
piercing à la narine, tatouage sur le bras, les
pupilles cristallines. Et l'on conviendra qu'elle ne laisse
pas indifférent... Au rayon des regrets, on avouera
avoir eu du mal avec l'image HDTV. Sa précision
"métallique" est assez déstabilisante
au début, voire déplaisante ; on n'a pas
du tout l'impression d'être au cinéma. Cela
dit, plus le film avance, moins on y prête attention.
Il n'empêche : la bonne vieille pellicule argentique,
ça a une autre "gueule".
Vous ne pourrez profiter du spectacle qu'à la condition
de pouvoir comprendre le suédois ou l'anglais (ce
qui n'est déjà pas si mal). |