Points
forts : copie très propre ; belles couleurs
(mais ce n'est pas la fête au village) ; bonne définition
; c'est stable, pas de "mouvances" constatées.
Sur grand écran LCD, l'image upscalée de
ce transfert est de bonne tenue. Pas de soucis côté
audio. Points faibles : rien de notable...
Pour le reste : image proposée
au format 2.348 (constaté sur capture). Côté
audio, il n'y a que la version originale en suédois
(sur une piste en 5.1 et une piste en audio-description).
Il y a des sous-titres suédois et anglais. Pas
de français. Police de sous-titrage 16/9e raisonnablement
envahissante (sur tube cathodique, elle passe bien ; sur
grand écran LCD, elle est plus grosse). La rubrique
suppléments est vide, mais, peu importe. Subtitles :
swedish, english, none. (mai 2012)
Le pour et le contre : De nos jours,
dans le nord de la Suède, on voit s'entrecroiser
les destins de plusieurs personnes. Il y a Erik et Anneli
qui sont retournés au village pour fuir la violence
de Stockholm. Janne et Krille, deux voyous qui préparent
un cambriolage. Stefan qui va souhaiter un bon anniversaire
à son père en compagnie de Sara. Ove qui
noie son ennui dans la boisson et dans les bras des femmes
de ses voisins. Le vieil Anders Eskilsson qui surveille
les alentours avec son fusil à lunette. Un commissaire
de police qui aimerait bien reconstituer le déroulement
d'une nuit sanglante. Et... pour les observer tous...
Ralf, l'idiot du village.
De la "joie" et du "bonheur" que l'on
peut éprouver à vivre dans une petite bourgade
perdue dans la campagne du Norrbotten (7 habitants au
km² ; la moitié de la densité de la
Lozère). C'est un nouvel opus à ajouter
à la longue série des films que d'aucuns
— en Suède — se plaisent à ranger
dans la catégorie "Jag mår illa"
ou "je me sens mal". Ici, Kjell-Åke Andersson
nous dresse le portrait d'une petite communauté
à l'écart du monde, sorte de plaine des
Asphodèles où les individus semblent condamnés
à vivre dans un isolement perpétuel. Les
rues sont quasi désertes, les autocars sont presque
vides, les rares personnes qui passent devant la caméra
font une tête de six pieds six pouces ; c'est la
fête au village. Certains verront dans cette description
d'un monde en vase clos — peuplé de pauvres
gens et d'abrutis alcoolisés, de malheureux ne
sachant plus communiquer, d'êtres décérébrés
par la télévision, votant forcément
pour le SD* — une critique sociale, une charge contre
la Suède "profonde". D'autres n'y verront
qu'une représentation sarcastique d'un petit monde
à la dérive, d'un monde en perdition où
la fuite est la seule planche de salut. C'est selon. Une
chose est sûre, le film ne se résume pas
à une simple juxtaposition de saynètes lugubres
où l'on déprime pour le plaisir de déprimer.
Il y a bel et bien une histoire, avec une trame, un dénouement.
Il y a même une bande originale très pince-sans-rire,
à la Danny Elfman. Et lorsque l'on arrive au bout
de l'aventure — à l'image du vieil Anders
qui pose la dernière pièce de son puzzle
noir comme une robe de pasteur — on reste un moment
pantois, riant intérieurement d'avoir été
si habilement baladé. Sous des dehors quelque peu
"rebutants", c'est un film auquel on peut donner
sa chance. Il produit son petit effet et vous trotte un
moment dans la tête.
* les Démocrates suédois ; l'équivalent
du Front national chez nous. |